Je suis..étonné du manque d’enthousiasme de ces critiques, à l’exception de celle qui titre "fabuleux" mais sans préciser vraiment pourquoi. Problème de génération encore une fois? Ce genre d’analyse subtile de la passion et des névroses est-il obsolète, ou trop dérangeant, aujourd’hui pour certains. À l’évidence des critiques extrêmement positives ailleurs on dirait que oui. L’art dramatique, selon Bergson, "va chercher et amène à la pleine lumière...les sentiments les plus intenses et aussi les plus violents....ce qui nous a intéressés, c’est moins ce qu’on nous a raconté d’autrui que ce qu’on nous a fait entrevoir de nous..." . Ce sont ces sentiments intenses et violents, servis par une excellente mise en scène et d’excellents acteurs dont le jeu est paradoxalement très sobre (très scandinave il me semble) qui m’ont passionné autant que ce que ce drame évoquait en moi. La mise en perspective par le jeu sur les deux temps qui articulent l’histoire et qui resitue les événements dans le sillage de la mort proche en accentue l’aspect tragique. On peut toutefois se demander si la sagesse d’Isabelle, à la toute fin, laisse la porte ouverte à une vision plus optimiste des choses. Enfin, je dois avouer que j’aime beaucoup Bergman et qu’à mon avis, il n’aurait pas renié cette série.