Est-ce pour consoler les "pauvres" qu'on nous présente ici la face cachée des chaebols? Car oui, malgré l'argent qui coule à flots pour eux, ces lycéens de dernière année n'ont pas une vie qui fait rêver. On a affaire ici à une famille de chaebol avec, c'est inévitable, le tout puissant père en assez mauvaise santé. Il a un fils d'un premier lit, Kim Won, qui craint que son demi-frère en veuille à son héritage. Ledit demi-frère, Kim Tan joué par Lee Min-ho, est le fils de la maîtresse du père qui vit près de son "amant", dans une grande et superbe maison avec domestiques. On l'a fiancé malgré son jeune âge à Yoo Rachel, dont la mère est à la tête d'une grosse entreprise . Il y a aussi la seconde épouse du père, une horrible femme, sans coeur, qui dirige l'établissement scolaire fondé par le père, qui lorgne l'héritage et aspire à devenir PDG de la société familiale pour avoir argent et pouvoir.
Côté domestique, c'est surtout la "bonne à tout faire" qui s'occupe de la capricieuse maîtresse cachée du patron qui joue un rôle important. Kim Mi-Kyung lui prête son talent avec sa maestria habituelle. Elle est muette mais pas sourde et écrit sur des carnets ses questions et ses réponses à ce que demande sa maîtresse. Enfin, il y a la fille de la bonne, Cha Eun-sang jouée par Park Shin-hye.
Par ailleurs, le lycée des chaebols, est fréquenté par des rejetons de leur milieu, tous plus agressifs les uns que les autres et imbus de leur rang social. Le gros de leurs conversations porte sur la bourse et sur ce qu'elle leur a rapporté, ce à dix-huit ans environ!!! Parmi les lycéens, Choi Yeong-do interprété par Kim Woo-bin, joue un rôle important. Il a un père qui le brutalise et il fait la même chose avec un lycéen de sa classe qu'il prend comme souffre douleur. Pour donner un air méchant à Kim Woo-bin on l'a coiffé pour, cheveux en arrière, front dégagé qui donnent un air mauvais à l'acteur. D'ailleurs, à mesure qu'il s'amende et prend conscience de sa cruauté, les cheveux reviennent lui donner l'air humain.
La série commence en Californie où Tan a été exilé pour ne pas gêner les transactions et affaires familiales par son existence douteuse. Fils naturel, pensez donc, quelle horreur! Eun-sang s'y rend pour des raisons familiales et rencontre Tan qui l'héberge le temps de son séjour. Il y a de la romance dans l'air. La fiancée, Yoo Rachel jouée par Kim Ji-won, débarque et explose de colère et de jalousie en voyant que Tan est bien froid avec elle mais beaucoup moins avec son hôte. Rachel, comme beaucoup confond amour et possession.
Les deux jeunes femmes rentrent en Corée. Tan reste à Los Angeles le coeur meurtri, si meurtri qu'au bout de peu de temps il se rebelle contre sa condition de fils exilé et rentre chez son père. Un vent de panique souffle dans la famille quand il annonce qu'il ne va rester.
Au lycée, Yeong-do et Tan sont à couteaux tirés à cause d'un sombre contentieux. Aucun des élèves ne sait que Tan est un fils naturel sauf Yeong-Do. C'est une tare quasi insurmontable, dans le milieu des chaebols tout particulièrement où l'on n'épouse pas une personne mais un compte en banque et/ou une autre grande enseigne.
Arrive Eun-sang qui doit cacher sa pauvreté pour espérer être accepter. Le noeud du drame est là. Comment parvenir à exister chez des individus pétris d'idées reçues, de la conviction que leurs origines en font des êtres hors du commun qui se vivent comme supérieurs et qui n'ont pas à se mêler au bas peuple. Une certain nombre de scènes odieuses se déroulent sous nos yeux dont le sens profond, à voir au deuxième degré, fait bouillir.
Il se passe beaucoup de choses au lycée, dans les familles, dans les rencontres prévues, dans les hasards. On sent les luttes d'influence, les rendez-vous d'affaires visant à éliminer un autre ou en s'en faire un allié... J'en passe.
Bien sûr pour faire passer les différents messages, les scénaristes les dissimulent avec des romances, des fêtes entre lycéens, des séances de harcèlement, des dîners officiels pour régler des fiançailles et surtout ce que chacun mettra dans la corbeille des futurs pour augmenter la fortune des anciens. Les filles riches sont très chipies, les jeunes aiment se battre pour la plupart ce qui montre que filles comme garçons sont encore immatures. On compatit aux humiliations diverses subies par celles et ceux qui sont des pièces rapportées et ne seront jamais acceptés. J'aime la façon dont c'est habilement mené. On comprend que vivre dans ces milieux n'est une sinécure ni pour un jeune ni pour un adulte. Leur humanité, car je veux croire qu'il en ont une, au moins au départ, disparaît sous des conventions lourdes à supporter qui rend leur vie matériellement aisée mais pas épanouissante pour leur moi profond.
Je crois que si l'on voit cette série uniquement comme une romance fleur bleue, ce qu'elle est bien sûr aussi, on passe à côté de l'importance du message.