Inside Man
5.9
Inside Man

Série BBC One (2022)

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Inside [in-hu]Man (critique progressive)

Episode 1: #Pay the Rapist

[ entre 0 et 1 grâce au segment de David Tennant, seul à connaître une zone grise]

Des destins s'entrecroisent, illustrant la moralité selon Woke le Sage.

Dans le métro, un vilain mâle blanc hétéro +++ pose en chien de faillance et en rut devant une pauvre jeune femme issue de la minorité invisibilisée noire-métisse, sa proie. Mais Superbluffeuse, une journaliste qui combat le Masculin Nocif et le Cénacle secret du Patriarcat , se dresse entre l'opresseur et l'opprimée pour libérer la parole en montrant son portable en guise de crucifix: elle en live sur Facebook et filme l'agresseur et les autres proie du womenazizer de suivre le dit live ... avant d'apprendre qu'il s'agit d'un bluff ... qui est vrai parce qu'on peut suivre le live mais aussi faux parce que Schiappa-like est super maline et courageuse et nous assure ne pas savoir utiliser Facebook. Le tout avec une suite de doubles couches grossières et lourdingues.

Dans le milieu angélique du monde carcéral, un gentil tueur psychopathe qui n'accepte de jouer la police que s'il peut jouer au docteur Lecter avec une Clarice Sterling, insulte un autre enquêteur choisi pour ressembler à Weinstein parce qu'il a violé une secrétaire a long long time ago.

À propos de Docteur, le premier segment intéressant est celui porté par David Tennant, campant un prêtre façon Loi du silence mais peudo-porno, qui apporte enfin une nuance salutaire au lieu commun made in Charlie Hebdo de l'anti-céricalisme banalisé ... avant de sombrer dans l'idée que tout mâle est un kidnappeur, tortionnaire en puissance ... voire un meurtrier car telle est la "moralité" de cette mini-série. Moralité que l'on doit d'ailleurs au héros ... un criminel.

Criminel que l'on retrouve avec sa Clarice issue de la minori... encore ??? Hélas, oui ! Criminel campé par un Tucci qui se prend pour un mixte de Hopkins et Clarke Duncan et qui, scénario oblige, se perd en contradictions. À sa décharge, la chanson générique tire vers la Ligne verte, alors ...

Alors? On repasse au prêtre Rock & Roll qui fait équipe avec sa femme qui pleure d'avoir un mari si ... si masculin, puisque seul l'homme (et nn pas l'Homme) est mal. Seul segment nuancé, le masculin et le féminin deviennent complémentaire dans le crime... (parce que l'optimisme, c'était bon pour ses gamins des sixties).

Et comme le hasard est le meilleur complice des scénarii de cette série, Superbluffeuse est la captive du prêtre fou et la Clarice Sterling de notre "héros" psychopathe est mise sur sur sa voie par notre Lecter du jour sans raison ...

... que l'on retrouve en prson avec son comparse issu de l'imm... promis, moi, j'arrête, mais la série continuera peut-être.

L'épisode s'achèvera sur un "Pay the rapist" (sorte de nouvel hashtag) qui vole ... aussi bas que ce premier épisode peu engageant ...

Si l'on peut entendre l'humour noir, on ne peut accepter qu'il se mette au service du message biaisé d'un wokisme en perte de vitesse. Oui, le mot fera encore hurler. Mais comment nommer une série aussi caricaturale où les femmes seules sont de blanches oies quand la morale voudrait que l'humain sera un assassin en puissance (homme/humain, et autres nuances oubliées). InsideMan n'est pas InsideHuman et c'est bien là que le bât blesse.


Épisode 2: #HOUSTON, we try to save the problem

[entre 4 et 5, encore une fois grâce à Tennant et un petit peu aussi grâce à l'enquête holmésienne]

On recommence avec les "héros" de cette série: le gentil féminicide qui a accepté sa juste condamnation à mort et qui enquête pour la police et la gentille black qui veut le suivre dans ses aventures huis-clos. Et pour pimenter cette nouvelle entrée en matière, un peu de pseudo-face-à-face psychologique.

De l'autre côté du générique, David Tennant vient sauver un peu le naufrage de l'intrigue en ajoutant à La Loi du silence un peu du Collector à la Stamp dans un humour noir menotté par la bien-pensance SJWoke. Mais le couple pastoral traite alibi morbide où la nocivité féminine est justifiée par l'alcool (car seul le masculin est nocif de sang froid). Mais l'humour et la condamnation de l'omniprésence du sexe sur le net donne un peu d'intérêt à l'épisode.

Encore que ... l'enquête d'Hannibal Tucci commence enfin ... ou presque, puisqu'elle ne sert que de prétexte à du nihilisme d'arrière-boutique. Mais, du moins, la relation passe de Hannibal-Sterling à Holmes Watson, l'espace d'une micro-seconde.

Puis, une bonne scène, dévoilant habilement ses divers aspects de dessous-de-table, ses enjeux de surface et souterrains. Sans surprise, une scène avec David Tennant. Sa suite ...

... et une transition sur un mouvement de véhicule entre l'Angleterre et l'Amérique .

Une scène de garage où l'on découvre que Watson-Sterling se fait promener comme une gamine suivie d'une scène de cave où, ENFIN, la série se transcende pour transformer homme par Homme: les femmes sont aussi capables de chantage et de meurtre. Malgré la redite du début d'épisode, malgré la décision en apparence grotesque de la victime qui veut aider ses tortionnaires, la scène relève un peu la sauce. Superbluffeuse est tout de même maline: elle fait avouer par métalepse les scénaristes: "Je sais que tout cela fait très théâtral mais ... c'est la vie". La messe, si j'ose dire est dite. Ah non ! Car Superbluffeuse interdit à la femme du pasteur de redire à son mari ... sa redite de ce qu'elle a déjà dit à son mari ...

C'est à ce moment précis qu'on se fait la réflexion que la série oscille entre comédie macabre réussie et drame social non assumé: d'où l'ensemble bancal que seul l'aspect holmésien éponyme vient sauver.

Puis la scène de confesse où l'on confesse qu'on regarde des films de fesses. Les enjeux sont là mais se heurtent et l'on ne sait plus sur quel pied danser. Ce qui est bien dans ce segment. Mais ce qui renforce le sentiment sus-décrit.

La scène holmésienne qui suit, elle aussi, est plutôt bonne quoique classique.

Comme la scène qui vient clôturer la part prenante du segment de Tennant.

Et vice versa... sauf qu'une fois encore la Clarence Sterling black s'auto-contredit en disant croire ce qu'elle ne croyait pas avant de relancer une métalepse qui révèle que les scénaristes ne comprennent rien à rien ...

Un deuxième épisode plus intelligent, plus intéressant aussi mais ponctué d'un certain nombre de contrdiction et d'incohérences ... pour allonger la série de quelques épisodes.


Épisode 3: #LE LAISSER-PASSER A-38eeeeeeeeeeuh !!!!!

[entre 4 et 5 ... pour le début]

Enfin la série décolle !

Entre la difficulté de la foi, la condamnation qui approche pour le tueur-détective, l'enquête qui gagne en importance: les deux se rejoignent heureusement au bout d'une vingtaine de minutes.

Avant de retomber sur du Killing Eve low cost, la tueuse qui se fait passer pour un policier avant de reconnaître ne pas en être qui fredonne un "ce que c'est que le sexisme !" et nous révéler le pire secret de Polichinelle de l'Histoire: le tueur immoral est un tueur immoral. Et l'héroïne de permettre la confession de scénaristes: oui, tout le monde le savait déjà ...

Mince, la série rechute ...

rechute dans la cave où Superbluffeuse est enfermée et dont on découvre le statut de captive par un tour de passe-passe narratif sur canapé de psychologie de mauvais magazine de gare ! Sans parler de la vulgarité qui grimpe chez Superbluffeuse qui devient toujours plus insupportable à mesure que Supercuré devient aussi attachant qu'imbécile.

Puis une tentative d'échappée façon porn-horreur qui ressemble plus à une resucée de Scary Movie 4 qu'à un pastiche de Saw, une !

La situation, certes à la Collector, devient gênante et illogique ... on ne saurait dire si Superbluffeuse souffre du syndrome de la Tourette ou si elle est la plus mauvaise manipulatrice de l'univers ... le suspens tombe à plat parce que cette histoire perd à chaque minute toujours plus de son maigre potentiel.

22, vlà les flics et, rien qu'à leur dégaine, on comprend qui fait la loi dans cet univers: une femme noire et une androgyne boule-à-zéro façon hooligan mais en costard ... Bref, 22, vlà les Wokes ! La scène est assez gênante et jamais je n'ai réussi à convenir avec un ami qui comparaît David Tennant à Rowan Atkinson ... avant de voir cette scène ... pourtant sérieuse (comme veut en témoigner un POM POM de corne de brume extra-diégétique de fond).

Puis on mêle évidence non évidente et bondage en sous-sol qui rase les pâquerettes !

Un petit tour comble-trou et cache-misère en cellule plus tard, une petite discussion sur l'arrogance des bobos qui écrivent plus au sujet de l'actualité que du sexe, un énième discours métallinguistique sur les mots et la mode qu'on leur impose ("bougon" ouh le vilain mot que ne disent que les gens qui ne vivent pas avec leur temps !), la femme du pasteur joué par Tennant veut tenter d'empêcher Superbluffeuse de révéler aux flics une vérité arrangeante qui est censée les mettre en péril ... ce que c'est quand on joue avec le caractère du personnage surintelligent sans maîtriser la psychologie de son personnage et, moins encore, les événements que l'on narre. Finalement, est-ce Inside Man ou Inside Woman ? Qui du tueur condamné à mort et de la captive en cave est le protagoniste ?

Si l'on inverse enfin le potentiel tueur sexué (ce qui reste complètement grotesque, même inversé), on le met au service d'une incohérence scénaristique dépassant tout ce que les autres épisodes ont déjà proposé.

On s'embrouille, s'embrouille, s'embrouille ... à vouloir trop en faire, à tenir au format de série, on en vient à accoucher d'un brouillon informe.

Soudain, notre tueur détective, n'ayant plus sa place dans le récit, cherche une transaction pour s'en sortir ... in fine. On est loin du stoïcien initial ! Bien que ce bouleversement soit humainement crédible, comme l'a dit Boileau: "Le vrai peut quelque fois n'être pas vraisemblable". Encore qu'on ne sache plus où l'on en est à ce stade dans cette histoire sans fond et sans fin.

Tiens! Le pasteur enferme aussi le fils qu'il a voulu protéger ! Tennant vire à la Shinning sans raison! Aidez-moi ! Je me noie !


Un épisode qui commençait si bien et qui coule toujours plus vers la folie pure pour justifier son manque de cohérence.


Épisode 4: "Vous devez être folle, sinon vous ne seriez pas ici"

[entre zéro et 1, pour le jeu de Tennant qui tente en vain de combler l'abîme sans fin]

Pré-générique qui joue à nouveau sur la manipulation psychologique: la scène est intéressante mais où veut-elle aller ? L'Inside Man veut-il vraiment être libéré ou tué d'une manière qui fasse un pied de nez à la justice ?

On ne sait plus comment faire évoluer le segment pastoral; alors, on donne dans le flash-back qui lui-même donne dans l'escroquerie intelectuelle. Néanmoins, Tennant exploite bien la veine comique inattendue de ce ressort de secours.

Puis la série vire à 24. Combien de barres de batterie ?, d'un côté / le FBI et les interrogatoires musclés de l'autre.

Le couple pastoral s'engouffre toujours plus ridiculement dans les affres du crime et, comme le fils du pasteur, le spectateur se dit: "Tout cela me donne la migraine" ou comme sa compagne d'infortune: "Combien de batterie il te reste encore ?"

Vient alors le moment fatidique où ... autant en terminer, la journaliste et la femme du pasteur se retrouvent par hasard dans l'appartement de la femme captive. Cela occasionne une scène aux codes comiques pour une scène d'interrogatoire policière. C'est absurde mais ça redonne un brin de tonus à la série. La scène est tellement grotesque que même la journaliste éclate de rire.

Faut-il pleurer, faut-il en rire ?

La tragédie en puissance vire au jeu de massacre, à la pantalonade larmoyante !

On refait Paf le chien mais à la sauce shakespeare, David Tennant se prend finalement pour Jack Nicholson: on ne sait vraiment plus que penser !

L'effet domino atteint son sommet, parti d'un rien: est-ce du génie tragique incompréhensible ou le meilleur d'un esprit torturé ? En tout cas, cela semble, jusqu'au bout une collision entre deux séries annulées ressurgissant sous la forme d'une mini-série abracadabrante.

Quand Tucci achève sur "Bienvenue à l'intérieur", on comprend surtout qu'il n'y a rien à comprendre. Ou que la série plaide la folie.


Conclusion générale:

une série qui part d'un postulat risible pour monter crescendo jusqu'à une folie furieuse finale. Il y avait de la matière mais on n'en a rien fait, trop occupé à poser en Kubrik et Tarantino sans y parvenir. Un gâchis tant casting et certaines idées plus hitchcockiennes étaient exploitable pour en faire quelque chose de correct.

À l'image de sa première scène, véritable blougi bougla woke, cette série est une réelle perte de temps et une escroquerie intellectuelle fumeuse avec, par éclaircies, quelques belles scènes tout de même d'humour ou de suspens.


Frenhofer
3
Écrit par

Créée

le 27 nov. 2022

Modifiée

le 27 nov. 2022

Critique lue 472 fois

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Frenhofer

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