C’est Jin et sa très jolie chanson Yours qui m’avaient attirée vers cette série.
Mais elle est à peine présente. Elle n’existe pas vraiment. Comme tout, d’ailleurs, dans Jirisan.
La montagne est là, oui, mais elle reste un décor flou, presque abstrait, alors même que la symbolique des morts qui la peuplent affleure sans cesse. Tout est suggéré, rien n’est incarné.
C’est sans doute le véritable problème : tout est “en dessous”.
Les personnages restent en retrait, lisses, presque vides. Le casting, pourtant prometteur, semble étouffé. La montagne ne résonne pas. Le thriller, lui, finit par m’ennuyer.
Je pensais trouver dans Jirisan une série habitée. Une montagne vivante, traversée de présences invisibles, où les morts ne partent pas vraiment et où les vivants portent encore leurs traces. Très vite, quelque chose résiste.
La série est lente, oui, mais ce n’est pas forcément la lenteur qui me dérange. C’est ce qu’elle contient. Ou plutôt, ce qu’elle ne contient pas. Le récit se fragmente, avance par morceaux, multiplie les allers-retours sans jamais construire de tension. Pire, il m’égare. On suit des disparitions, des recherches, des drames… mais tout semble se répéter, comme une boucle qui ne produit ni vertige ni émotion.
Les personnages, eux, restent fermés. Pas seulement entre eux, mais au monde qui les entoure. Même la relation centrale, portée pourtant par deux acteurs que j’apprécie, ne parvient pas à créer une véritable circulation. Les regards ne se rencontrent pas vraiment, les silences ne disent rien. Ils traversent les événements sans que ceux-ci ne les transforment.
Et c’est là que la série me perd.
Car Jirisan avait un très beau sujet : la montagne comme mémoire, comme lieu de passage, comme espace où les morts continuent d’exister autrement. Tout est là, en creux. Mais rien ne prend corps. La symbolique reste posée, presque décorative, sans jamais s’incarner dans les personnages ni dans la mise en scène.
La montagne elle-même, pourtant magnifique, ne devient jamais un personnage. Elle est filmée, mais pas ressentie. Elle ne répond pas, ne trouble pas, ne hante pas. Elle reste extérieure, comme si la série n’osait pas aller au bout de ce qu’elle suggère.
Alors tout devient un peu fade. C’est propre, mais fade.
Pas inintéressant, mais lointain.
Pas désagréable, mais sans écho.
Et c’est sans doute ce qui me laisse le plus à distance : cette impression d’une série qui frôle quelque chose de profond… sans jamais vraiment y entrer.