Mal m'en a pris d'avoir dormi 5 ans sur ce petit Katla, série pourtant signée Baltasar Kormakur, réalisateur islandais qui venait à nouveau de mettre une petite claque cette année avec le rigolo Apex. Je connaissais la carrière hollywoodienne du bougre, mais du côté de l'Islande c'était niet (et pourtant j'aime tous ses films américains jusqu'à présent ). Va falloir rectifier le tir, car quand Baltasar promène sa caméra sur sa terre natale, c'est comme le volcan Katla : ça fait des étincelles.
Alors que le concept de la série laissait présager un pseudo conte horrifique à la "body-snatchers", on se rend rapidement compte qu'on a plutôt affaire à de la fable dépressive tartinée de cendres. Katla, c'est étrangement mélancolique, à la fois profondément dérangeant et triste. Une exploration de la mort, disons du deuil d'une vie passée qu'il faut songer à laisser pour de bon derrière soi si l'on veut un jour espérer revivre. Une thématique à laquelle tous les personnages seront confrontés, de manières différentes selon les cas, allant de l'enfant décédé à un amour charnel démoli par la maladie.
Forcément, on sourit un peu à l'arrivée du premier doppelgänger couvert de cendre, flairant d'avance la potentielle métaphore lourdingue. On se demande rapidement à quoi tout cela rime et comment un volcan se met-il à cracher des revenants. Mais c'est là toute la franche réussite de Katla qui, au fil des épisodes, fini par complétement nous faire oublier le "pourquoi du comment" pour entièrement nous captiver avec ces personnages rencontrant leurs proches ressuscités : que va-t-il se passer ? La formule fonctionne si bien que mon visionnage casannier s'est transformé en binge watching dès le quatrième épisode, la série m'emportant dans ce récit sans concession et profondément émotionnel, repoussant par moment les limites du malaise et du politiquement correct (cette scène dans la mer avec le gamin, fallait oser). Tout fini par s'envenimer à l'approche du final, au point que cette série relativement statique me fait bouffer mes ongles d'anxieté. Le tout filmé avec sobriété, dans des décors somptueux, magnifiés par des acteurs au top et une musique qui... qui vous hante, que dire de plus !
Bah, assez tourné autour du pot : Katla c'est vraiment comme le volcan qui entre éruption, aussi douloureux que magnifique.