Quand une trafiquante retraitée découvre qu’on veut la tuer, elle peut soit paniquer… soit ressortir les vieux réflexes et rappeler à tout le monde pourquoi il ne fallait peut-être pas la chercher.
Avec Kill Jackie, je plonge dans un thriller britannique qui transforme une paisible retraite en véritable opération de chasse à l’homme. Jackie Price, ancienne criminelle reconvertie dans une existence beaucoup plus tranquille, apprend qu’un groupe d’assassins internationaux a été engagé pour l’éliminer. Problème pour eux : Jackie n’est manifestement pas du genre à attendre gentiment que la sonnette retentisse.
J’ai immédiatement accroché au principe, parce que la série joue sur un contraste particulièrement savoureux : d’un côté, une femme qui semble avoir définitivement rangé les armes et les ennuis ; de l’autre, une bande de tueurs qui va progressivement comprendre qu’ils ont peut-être choisi la mauvaise grand-mère à embêter. C’est le genre de situation où le mot « retraite » prend soudainement une définition beaucoup plus sportive.
Ce qui fonctionne particulièrement bien à mes yeux, c’est le mélange entre thriller, action et humour noir. Kill Jackie ne cherche pas constamment à faire dans le sérieux absolu. La série sait prendre son histoire au sérieux tout en s’amusant avec les codes du genre. J’ai aimé cette tonalité britannique qui permet de passer d’une situation potentiellement mortelle à une pointe d’ironie sans donner l’impression que les personnages viennent de changer de série au milieu d’une scène.
Le rythme est également un des points forts. La menace est installée assez rapidement et la série entretient ensuite une mécanique de poursuite où chaque nouvel élément vient compliquer la situation. J’ai apprécié que Jackie ne soit pas présentée comme une super-héroïne invincible capable de neutraliser douze hommes avec une cuillère à café. Elle possède surtout de l’expérience, des réflexes et une connaissance du monde criminel qui lui permettent de compenser son âge. Et c’est justement ce décalage qui rend le personnage intéressant.
J’ai aussi apprécié le travail autour du passé de Jackie. La série ne se contente pas d'utiliser son ancienne vie criminelle comme un simple prétexte pour déclencher des fusillades. Elle s’en sert pour interroger ce qu’il reste d’une identité que l’on pensait avoir définitivement abandonnée. Jackie veut vivre autrement, mais son passé semble avoir une fâcheuse tendance à connaître sa nouvelle adresse.
Visuellement, l’ensemble reste efficace, avec une réalisation suffisamment nerveuse pendant les scènes d’action. L’ambiance oscille entre élégance britannique, tension criminelle et humour décalé. J’ai particulièrement aimé cette atmosphère où le danger peut surgir alors que tout semblait parfaitement normal quelques secondes auparavant.
Les personnages secondaires apportent également leur lot de situations parfois savoureuses. Les assassins lancés aux trousses de Jackie ne sont pas uniquement des silhouettes chargées de courir derrière elle avec une arme. Leurs interactions donnent à la série une dimension presque ludique, comme si une partie de chasse internationale avait été organisée sans prévenir la principale intéressée.
J’ai néanmoins trouvé que certains éléments de l’intrigue pouvaient paraître un peu pratiques et que quelques situations reposaient davantage sur les nécessités du scénario que sur une logique parfaitement imparable. Mais je lui pardonne assez facilement ces petites acrobaties parce que Kill Jackie privilégie clairement le plaisir du thriller et du divertissement.
Personnellement, j’ai beaucoup aimé le personnage de Jackie et cette manière de détourner les habituels récits de tueurs à gages. J’ai pris plaisir à la voir reprendre progressivement le contrôle de la situation et à constater que ceux qui la considéraient comme une cible facile avaient manifestement oublié une règle élémentaire : ne jamais sous-estimer quelqu’un qui connaît déjà toutes les ficelles du métier.
J’ai trouvé la série efficace, amusante et suffisamment originale dans son concept pour me faire passer un très bon moment. Je la recommande à ceux qui aiment les thrillers britanniques, les personnages féminins qui ne demandent pas la permission avant de se défendre et les histoires où la retraite ressemble soudainement beaucoup à une dernière mission.