Si Killing Eve était une relation, ce serait un flirt dangereux entre une agente du renseignement obsessionnelle et une psychopathe en tailleur haute couture… où les regards tuent presque autant que les lames bien placées.
Le concept est aussi tordu qu’élégant : Eve Polastri, analyste un peu trop passionnée, traque Villanelle, une tueuse à gages aussi imprévisible que stylée. Mais très vite, la traque devient une obsession mutuelle, une espèce de danse macabre où l’envie de s’éliminer flirte sans arrêt avec l’envie de se rouler une pelle.
Le gros point fort de la série, c’est son ton unique, quelque part entre le thriller haletant et la comédie noire grinçante. Sandra Oh est parfaite en flic débordée par ses émotions, tandis que Jodie Comer en Villanelle bouffe littéralement l’écran à chaque apparition, alternant entre glamour déjanté et menace glaçante, avec un accent différent toutes les deux scènes, juste pour le fun.
Mais Killing Eve, c’est aussi une série qui a un peu perdu son mojo après sa première saison de folie. Le jeu du chat et de la souris finit par tourner en rond, et les changements de showrunners à chaque saison donnent un effet montagnes russes émotionnelles (sans harnais de sécurité). Les intrigues secondaires, parfois captivantes, parfois oubliables, peinent à suivre la tension centrale entre Eve et Villanelle.
Malgré tout, Killing Eve reste une série audacieuse, féminine, stylée et délicieusement tordue, où l’amour, la mort et les talons aiguilles sont indissociables. Un show qui prouve que tomber amoureuse peut être dangereux… surtout si elle te vise déjà avec un silencieux.