Après plusieurs re-visionnages, avec toujours autant de plaisir, une critique s'impose pour ce qui est très certainement l'un de mes BL préférés, et plus largement l'une de mes romances préférées.
Bon, ok, disons-le d'entrée : l'intro "un peu" brouillonne ne donne pas forcément envie !
Retour en arrière de 4 ans entre les premières scènes, situations inexpliquées, personnages surjoués, phrases sorties de nulle part... on ne sait pas vraiment dans quoi on met les pieds ! Certes, en ayant déjà vu la série, tout est très clair et l'on comprend parfaitement que tout cela lançe les différents éléments de l'intrigue et introduit les particularités de chaque personnage, mais au départ ce n'est vraiment pas évident et cela peut rebuter le spectateur.
Évacuons également le deuxième point qui a pu faire polémique ou déranger certains : la différence d'âge entre les membres du couple lead et notamment le fait qu'à 17 ans, Zong Yi est encore mineur.
Rappelons d'abord qu'ici nous ne sommes pas dans une romance toxique,
et si Ze Rui oblige Zong Yi à le soigner et l'héberger en le menaçant de le faire passer pour un meurtrier, on comprend rapidement que c'est du vent et cette contrainte est très vite évacuée par la naissance d'une réelle complicité,
il n'y a ni emprise ni contrainte de Ze Rui pour obtenir une relation entre eux.
Ensuite, je ne vois pas ce qu'il y a d'incongru ou de choquant à ce qu'un jeune homme de 17 ans tombe amoureux (et que cette relation amoureuse se concrétise physiquement dans un lit) d'un partenaire un peu plus âgé. D'après les indices repérables dans la série, Ze Rui est encore un tout jeune adulte, au milieu de la vingtaine maximum.
Par contre, il est vrai qu'une différence d'âge peut entrainer des différences d'appréciation des situations et des ressentis et cela est d'ailleurs exploité dans la série.
Alors, après ces mises au point, il y a quoi dans cette série ?
Il y a d'abord des gangsters.
Du gang auquel appartiennent Ze Rui, Chen Yi et Ai Di (le couple secondaire), on ne saura pas grand-chose et certainement pas ce qu'ils trafiquent ! Ben oui, quoi, ce sont les gentils, faudrait pas qu'on les prenne pour de vrais criminels ! Tout juste saurons-nous qu'ils essayent de se débarrasser d'un élément d'un clan adverse qui tente de s'arroger une part de leur territoire.
De la branche de l'autre gang impliquée dans ce conflit, on en saura encore moins, à part que son chef est particulièrement violent et vindicatif et qu'il a le mauvais goût de vendre de la drogue dans des établissements scolaires.
Et au-dessus de tout cela, plane l'ombre d'un groupe beaucoup plus puissant, une mafia en col blanc qui fait la pluie et le beau temps et à laquelle Ze Rui tente d'échapper.
Donc, il y aura des bagarres et des morts violentes mais il ne faut pas chercher dans cette série les ressorts d'une sombre intrigue mafieuse.
Ici, ce contexte est plutôt utilisé pour montrer comment des individus lambda mènent leur vie avec (ou malgré) les cartes que leur naissance leur a donné : l'appartenance et les allégeances de chacun sont au coeur de l'histoire car elles orientent et contraignent les pensées et les actions des personnages et elles sont donc évoquées et montrées dans ce cadre, mais elles ne sont pas le sujet principal et encore moins unique.
Il y a aussi et surtout de la romance.
En premier lieu bien sûr, entre Ze Rui et Zong Yi : certainement pas une évidence au départ puis finalement un déroulement totalement naturel pour un amour prêt à tout risquer et tout donner.
Entre eux, des réticences à le concrétiser du fait de leur situation mais strictement aucun doute sur la puissance de leurs sentiments. C'est beau et lumineux, farouchement optimiste et solide, et bien triste aussi parfois.
Entre Chen Yi et Ai Di ensuite, la situation est à la fois plus classique et plus complexe : sentiments non partagés, semblant de triangle amoureux, aveuglement, liens à protéger... un ensemble de tropes connus mais traités ici avec de légers twists autour des notions de loyauté, de famille ou de fraternité qui rendent l'ensemble plus douloureux (pour eux) et prenant (pour nous). On se prend vite à regretter que la série ne leur consacre pas plus de temps.
Un troisième couple n'est évoqué qu'à la marge mais retient l'attention par le côté sombre et contenu d'un amour qui n'a pas été autorisé à s'exprimer pleinement.
Le drama est nettement séparé en deux parties puisque s'opère à un moment un saut de quatre années dû à un événement particulier qui sépare les deux couples.
Si chacun de son côté a dû mûrir et évoluer pendant cette période, les vies de Ze Rui et Zong Yi en particulier ont totalement changé et semblent irréconciliables. L'intrigue à peine évoquée pendant la moitié de la série prend ici toute sa réalité, alors que dans le même temps les événements de la première partie produisent encore de funestes conséquences.
Après le drame ayant clôturé les sept premiers épisodes, la suite apparait plus sombre et surtout plus mûre et pourtant toujours lumineuse grâce à Zong Yi : après avoir vu son avenir voler en éclat, le jeune homme est toujours aussi déterminé et surtout toujours aussi amoureux. C'est un bonheur de voir cette résilience et cette force calme, cette détermination à avancer.
Avancer malgré l'adversité et en restant fidèle à ses valeurs, voilà ce qui caractérise Zong Yi, ce grand ado renfermé sur qui je n'aurais rien parié en début de série mais qui illumine toute la série par sa franchise totale, sa force de caractère et sa douceur.
Face à lui, Ze Rui, d'abord apparu comme totalement superficiel, lutte pour s'extraire des blessures de son passé tout en essayant de protéger son amour.
Pas évident au départ, leur amour apparait finalement comme profondément naturel, une émotion pure et forte, solide et douce, de celle qui déplace les montagnes et donne le sourire à ceux qui en sont témoins.
Voilà pourquoi j'y reviens encore et encore. (et aussi bien sûr pour Chen Yi et Ai Di, ce couple chien et chat si attachant)
Les esprits chagrins diront que je n'ai pas parlé des bastons peu crédibles, des complots qui se résolvent d'un coup de baguette magique, des événements et péripéties un peu téléphonés pour produire du drame et et de l'apitoiement... Certes... Mais Kiseki Dear To Me est un BL, pas un thriller, et j'y ai trouvé deux romances adorables et attachantes. Que demander de plus ?