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le 16 oct. 2023
SuivreTrop de vent
C'est sympa à suivre, ça divertit. Même si le dénouement est finalement à la limite de l'indifférence totale...En fait premièrement j'ai un problème avec le fait que le scénario retienne...
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"La Chute de la maison Usher" est le genre de série qui donne l’impression qu’Edgar Allan Poe est revenu d’outre-tombe, a enfilé un costume trois pièces hors de prix et s’est dit : « Et si on transformait mes cauchemars en règlement de comptes familial avec budget illimité ? ». J’ai adoré cette adaptation de Mike Flanagan, qui réussit l’exploit de réunir plusieurs œuvres de Poe dans une seule histoire moderne, sans donner l’impression d’avoir mélangé toute la bibliothèque dans un mixeur démoniaque.
On suit la famille Usher, un empire pharmaceutique aussi propre en façade qu’un manteau qui sortirait d’un pressing, tandis que chacun des héritiers tombe les uns après les autres dans des morts aussi spectaculaires que délicieusement malsaines, sous le regard énigmatique d’une femme qui semble connaître le destin de tout le monde avant même que le générique n’ait fini de clignoter (La mort du plus jeune est quand même impressionnante !!!).
J’ai particulièrement aimé cette ambiance gothique incroyablement élégante, où les palais luxueux ressemblent à des cathédrales du mauvais karma, où chaque couloir semble murmurer « mauvaise idée » et où même les lustres paraissent avoir signé un pacte avec les ténèbres. Mike Flanagan confirme une nouvelle fois ce que j’avais déjà remarqué dans ses autres séries : il aime retrouver les mêmes visages d’un projet à l’autre, et cette troupe d’acteurs fonctionne toujours avec une fluidité remarquable, comme une famille de fantômes qui aurait renouvelé leurs agissements collectifs. J’ai trouvé le casting excellent, avec une Carla Gugino absolument magnétique, capable de passer d’un sourire fascinant à une présence presque surnaturelle en une fraction de seconde, et un Bruce Greenwood impressionnant dans le rôle de Roderick Usher, tiraillé entre arrogance, culpabilité et fatalité.
Chaque épisode possède sa propre personnalité grâce aux morts inspirées des nouvelles de Poe (Mike Flanagan est quand même un réalisateur fou tant j'ai vu ces génies de séries qu'il est capable de sortir à une vitesse folle...). J’ai adoré découvrir comment chaque disparition reprend un récit célèbre, tout en l’adaptant à un univers contemporain dominé par le pouvoir, l’argent et la corruption. Certaines scènes sont tellement inventives que j’ai presque eu l’impression que la Mort elle-même participait à un concours de créativité avec un tableau de scores caché quelque part dans le manoir. La réalisation est superbe, avec une photographie somptueuse qui alterne les teintes sombres, les rouges inquiétants et les décors luxueux, créant une identité visuelle immédiatement reconnaissable.
Les dialogues portent également une grande partie de la force de la série, mêlant cynisme, satire sociale et réflexions sur le pouvoir sans jamais perdre cette poésie noire propre à l’univers de Poe. J’ai aimé que la série ne cherche pas uniquement à faire peur : elle parle aussi de cupidité, d’héritage, de responsabilité et de cette étrange capacité qu’ont certains milliardaires à croire qu’ils peuvent négocier avec absolument tout… même avec leur propre destin. Le rythme reste excellent tout au long des épisodes, chaque révélation apportant une nouvelle pièce au puzzle sans casser la montée en puissance vers la conclusion.
Les flashbacks s’intègrent naturellement et donnent progressivement une dimension tragique à toute cette famille condamnée à voir ses propres fautes lui revenir en pleine figure comme une moto lancée à pleine vitesse. J’ai vraiment apprécié cette manière de respecter l’esprit d’Edgar Allan Poe sans chercher à le copier plan par plan.
Mike Flanagan ne se contente pas d’adapter ses histoires : il en capture l’âme, cette fascination pour la mort, la culpabilité et l’inéluctable, tout en les réinventant dans un contexte contemporain qui fonctionne étonnamment bien. Au final, "La Chute de la maison Usher" est pour moi l’une des meilleures séries de Mike Flanagan, une œuvre captivante, inventive et profondément fidèle à la noirceur de Poe, qui prouve qu’on peut transformer un recueil de nouvelles gothiques en fresque familiale aussi fascinante qu’un banquet où tous les invités auraient oublié un léger détail : ils sont probablement déjà condamnés. En même temps, on se dit qu'ils avaient un petit peu (juste un tout petit peu!) pactisé avec le diable en personne...
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Créée
le 20 août 2026
Critique lue 2 fois
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le 16 oct. 2023
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