Je m’étais facilement laissé embarquer par la première saison. Intrigues tendues, dialogues affûtés, et ce duo improbable ; Kate la brillante diplomate, Hal l’insupportable mais diablement attachant vieux routier de la politique, donnaient le ton : mi-figue mi-raisin, mi-CIA mi-couple en crise.
La saison 2 consolidait l’ensemble, tout en gardant cette saveur grinçante qui faisait son originalité. On se prenait au jeu : ces relations internationales qui se jouent à coups d’humeurs, de susceptibilités, d’ego et de tasses de thé ; après tout, l’histoire nous a souvent prouvé que les grandes décisions se prennent dans les interstices de l’humain.
Et puis… la saison 3 est arrivée.
Les deux ou trois premiers épisodes laissaient espérer un nouveau virage bien mené. Mais très vite, tout s’enlise. L’intrigue piétine, les personnages à stature mondiale deviennent soudain quelconques, les revirements incessants (je fais ci, ou je fais ça, t’en penses quoi, alors je fais quoi…) usent la mécanique jusqu’à la corde.
Surtout, la série se met à forcer le trait : vulgarité inutile, scènes de sexe plaquées comme des rustines narratives ; crues dans le texte, certes pas visuelles, mais totalement gratuites. Comme si la production craignait qu’on oublie que les femmes de la série ont aussi des désirs physiques. Mention spéciale à la scène de l’épouse du Premier ministre britannique (plus fort !) : gratuite, maladroite, et surtout sans intérêt ni pour le récit ni pour les personnages.
Au final, le scénario semble s’égarer, à l’image de Stuart, ce personnage clé ébranlé par la révélation centrale de la saison : il ne sait plus s’il doit continuer.
Nous non plus...