Comme l’affiche le montre, c’est un combat entre deux femmes qui chacune incarne l’ordre et le chaos.
Si, comme moi, vous n’êtes pas spécialement fan de football, le résumé de présentation de la série a pu vous paraître sans intérêt. J’ai tout de même regardé cette série et j’ai bien fait : elle est totalement fascinante. Le monde du football n’est qu’un élément du décors, ce n’est pas le sujet. Mais pourtant, comme cela est dit au début de la série, ça pouvait difficilement être remplacé par autre chose. En effet le football réuni une immensité d’amateurs venant de toutes les classes sociales. Et c’est cette large couverture sociale qui rejoint à merveille le sujet du film.
Mais au fait, quel est le sujet ? je dirais que c’est l’art de manipuler les esprits avec les outils existant de nos jours : sociologie, psychologie, et réseaux sociaux (au sens large). Grâce à la maîtrise de ces outils les deux protagonistes se font une guerre par médias et club de foot interposés en passant pas une assemblée citoyenne, le pilotage d’un député d’extrême-droite et les actions de cabinets ministériels. On apprend ainsi comment agiter des groupes radicaux de gauche ou de droite, comment louer les services d’un cyber agitateur, comment faire apparaître un sujet dans le débat public (les armes). C’est tout l’interêt de cette série : présenter les mécaniques de manipulation de l’opinion. Et cela de manière presque furtive en gardant l’intérêt du spectateur centré sur le combat en les deux protagonistes magnifiquement interprétées.
Tout d’abord, Nina Meurisse, qui après Coeurs Noirs et L’Histoire de Souleymane, dévoile ici son talent.
Mais aussi Ana Girardot en une impressionnante sorcière souriante et machiavélique attisant les braises du chaos.
PS : les toutes dernières secondes sont probablement un joli clin d’oeil à Baron Noir…