Vue sur recommandation (croisée entre un ami et Internet), La Fièvre est une série solide, intéressante, qui tient surtout par son sujet.
Ce qui accroche, c’est clairement le fond : la gestion de crise, la communication, la manière dont l’information se fabrique et se diffuse. Le cadre du football est une très bonne idée, qui permet de rendre tout ça concret et immédiatement compréhensible.
Le rythme est bon, certains personnages fonctionnent très bien — notamment celui de Marie Kinsky, vraiment passionnant. Et globalement, la série se suit avec intérêt, avec même quelques moments de vraie tension.
Mais tout n’est pas toujours crédible. Les dialogues, notamment ceux de Sam, sont parfois trop écrits, trop longs, comme s’ils étaient plus pensés que parlés. On sent le travail derrière, mais ça enlève un peu de naturel. Certains personnages sont aussi inégaux, parfois un peu surjoués, ce qui empêche la série d’aller encore plus loin.
Ce qui reste malgré tout, c’est cette clé de lecture qu’elle apporte. Sur la manière dont se construisent les discours, dont se gèrent les crises, dont se manipule parfois l’opinion. Ça m’a d’ailleurs fait penser à Devenir président et le rester, sur les spin doctors de Mitterrand (Gérard Colé et Jacques Pilhan) ; preuve que ces mécaniques n’ont probablement pas pris une ride.
Côté casting, Ana Girardot est impressionnante de maîtrise, Benjamin Biolay est une vraie surprise, presque toujours convaincant, et Johann Dionnet, que j’ai découvert récemment dans Avignon, confirme ici.
Un 7/10, pour une série imparfaite mais stimulante, que je recommande largement, ne serait-ce que pour mieux comprendre le monde dans lequel on vit.