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My childhood.
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le 21 nov. 2014
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Je viens de finir à ce qui s’apparente comme l’une des plus grandes œuvres que j’ai pu voir dans ma vie.
Maurice Pialat disait lui-même que c’est de loin sa meilleure œuvre et force est de constater que ça dépasse ses films (sachant qu’il n’a quasiment que des chefs d’œuvre à son actif).
La première chose intéressante avec cette mini-série c’est qu’elle se passe pendant la première guerre mondiale, une guerre pas souvent représentée, en tous cas bien moins que celle qui a suivi.
Mais là où on a toute l’intelligence de Pialat c’est qu’il va filmer une famille ordinaire, un village ordinaire. Là aussi on pourrait se dire que ça a déjà été fait maintes et maintes fois dans l’histoire du cinéma et de la série sauf que dans ces films ou séries la guerre est l’enjeu narratif principal, tout tourne autour de la guerre, ici Pialat fait le choix de rendre cette guerre quotidienne. Elle dure 4 ans et 4 ans c’est très long, on est pas forcément toujours à se préoccuper de la guerre. Pialat garde au montage tout ce qu’un film hollywoodien aurait coupé. Ça me fait penser quand la famille a dû déménager avec l’arrivée des allemands, on entend les bombardements constants pendant quelques scènes au point que ça devienne habituel et que l’intérêt du personnage de papa Albert est de savoir qui est le braconnier qui a tué un lapin, c’est du génie parce que c’est d’une justesse dingue.
Non seulement la guerre quotidienne est une force mais l’autre grande force chez Pialat ce sont les personnages, c’est d’une finesse et d’une intelligence absolument dingue, on sent beaucoup d’improvisation et ça donne une crédibilité indépassable, on croit à tous les dialogues, toutes les interactions.
On parle souvent de Kore-eda pour filmer et faire jouer les enfants, Pialat c’est tellement fort aussi, peut-être pas pour rien qu’il s’est donné le rôle d’instituteur.
Du coup via toutes ses interactions naturelles, ça donne des personnages tellement authentiques, ils ont chacun leur caractère, on ne voit pas des personnages mais de réels êtres humains qui se parlent, c’est tellement fort émotionnellement. Je n’oublierai jamais Maman Jeanne, Papa Albert, Marguerite, Marcel, Michel (qui est d’ailleurs joué par le même enfant qui jouait François dans L’Enfance Nue), Bébert (et tous les autres) et surtout Hervé qui est de loin l’un des enfants les plus touchants que j’ai pu voir sur un écran. Je n’oublierai jamais Mémère La Vieille dans L’Enfance Nue comme je n’oublierai jamais Maman Jeanne ici, Pialat arrive à rendre ses personnages inoubliables par leur singularité et leur authenticité.
Et puis suivre une famille d’accueil c’est aussi très intéressant, les enfants qui y sont déposés le sont car les mères ne peuvent plus s’en occuper devant remplacer les hommes partis au front. Du coup jamais la fin de la guerre n’aura été aussi triste, le nombre de plans crève-cœur dans les 2 derniers épisodes… magnifique et cruel.
Créée
le 20 avr. 2026
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