7
le 6 avr. 2026
SuivrePlus fort, moins juste
J’avais beaucoup apprécié la saison 1 pour sa construction, son ancrage social et surtout pour le lien entre ses personnages. Avant, nous avions une histoire de loyauté et d’entraide, avec une...
J’avais beaucoup apprécié la saison 1 pour sa construction, son ancrage social et surtout pour le lien entre ses personnages. Avant, nous avions une histoire de loyauté et d’entraide, avec une violence encadrée par l’émotion. La saison 1 créait de l’attachement avant de créer du combat.
Ici, on change clairement de registre.
Là où la narration prenait le temps d’installer les enjeux et les relations, cette saison 2 avance de manière plus directe, presque plus mécanique. Le personnage d’Im Baek-Jeong, incarné par Jung Ji-Hoon alias Rain, s’inscrit dans une logique d’escalade : aller plus loin, plus fort, toujours plus loin. On frôle la caricature. Mais cette intensité ne s’accompagne pas toujours d’une véritable progression narrative.
Dès les premiers épisodes, la série assume une direction plus frontale : plus de combats, plus de violence, plus de rythme. On sent une volonté d’en faire davantage. Si l’ensemble est efficace, il donne aussi une impression plus mécanique, moins construite. Et on a une accumulation de personnages qu’il n’y avait pas dans la saison 1, une police plus présente mais aux moyens extrêmement réduits.
Sur le plan technique, pourtant, il y a beaucoup à saluer. Les scènes d’action et de poursuite sont très bien filmées et offrent un vrai plaisir visuel. Les combats sont vivants, bien orchestrés. Woo Do-Hwan comme Lee Sang-Yi sont clairement entraînés, et Rain n’a jamais eu rien à prouver physiquement. Le reste du casting suit.
La mise en scène accentue le réalisme : coups plus lourds, impacts plus visibles, corps malmenés. On ressent davantage la douleur. Mais en parallèle, la série laisse moins de respiration. Les combats s’enchaînent, les moments calmes se raréfient. On n’a plus vraiment le temps de sortir de la violence. Et c’est là que le paradoxe apparaît.
Car si les gestes sont crédibles, leur accumulation l’est beaucoup moins. Les combats finissent par perdre en plausibilité. On guérit trop vite, les affrontements s’enchaînent sans conséquence réelle. La surenchère prend le dessus. J’ai même parfois détourné le regard, non pas parce que c’est mal fait, au contraire, mais parce que c’est trop présent, trop insistant.
À cela s’ajoute une écriture assez sommaire. Malgré un casting riche et des personnages secondaires intéressants, le récit reste sans grande surprise. Et surtout, les deux héros, qui faisaient la force émotionnelle de la saison 1, sont ici moins incarnés. Le personnage de Woo-Jin, interprété par Lee Sang-Yi, est particulièrement en retrait, avec peu d’espace pour exister. Là où leur duo portait le récit, il devient ici presque fonctionnel.
Le déséquilibre des forces accentue ce sentiment. Dans la saison 1, il servait un propos social. Ici, il paraît bien plus artificiel. Les antagonistes semblent disposer de renforts infinis, là où la police apparaît étonnamment limitée. Certaines scènes donnent même l’impression que la tension est immédiatement annulée pour relancer la machine. Ok, on a du combat… mais et après ?
La série tente aussi quelques passages mélodramatiques, avec musique insistante, ralentis et regards appuyés. Mais ces moments relèvent davantage du sur-lignage que d’une véritable construction émotionnelle.
Enfin, difficile de ne pas noter une forme de surenchère de virilité : corps massifs, affrontements frontaux, logique de domination. Comme si la série glissait vers un imaginaire très “masculin brut”, tenir, encaisser, frapper. Là où la saison 1 laissait place à une certaine tendresse, à une humanité dans les failles, cette dimension semble ici recouverte par la performance physique.
Dans cet excès, le flic Lee Woo-Jeong, interprété par Cha Ji-Hyeok, apporte une présence plus sobre, presque à contre-courant, reposant sur la retenue plutôt que sur la démonstration.
Et dans cette testostérone en intraveineuse, les femmes n’existent que dans des rôles archi convenus, presque décoratifs.
Ici, pas d’équilibre à trouver : la série assume son côté frontal. Elle simplifie, appuie, en rajoute, sans chercher la nuance.
Côté casting, difficile de ne pas souligner la présence impressionnante de Rain, qui porte une bonne partie de la saison. Son personnage est à la hauteur de son charisme, quitte à étouffer les autres. On a parfois le sentiment que l’écriture converge vers lui. On notera le cameo de Park Seo-Joon. Et belle évolution du côté de Hwang Chan-Sung, plus affirmé, que j’aimerais revoir davantage.
La musique reste elle aussi très codifiée : une piste pour l’action, une pour le mélo… et presque, comme dirait Alain Chabat, la petite musique qui fait peur. Au final, du Orelsan pur jus : simple, basique et sans surprise. Comme la série, que l’on regarde alors pour ce qu’elle est : une œuvre d’action à consommer sans prise de tête, portée par un casting solide.
Mais à force de frapper plus fort, elle finit par perdre ce qui faisait la force de la première saison : une construction, une tension et une humanité qui donnaient du poids aux coups.
Après moult hésitations et réflexions avec moi-même, je lui accorde un 7, de justesse, pour son casting irréprochable. Mais bénéficier d’un budget conséquent devrait me donner le droit d’en attendre davantage. Une série parfois impressionnante, mais pas toujours juste.
Cet utilisateur l'a également ajouté à sa liste Ce soir pas de romance
Créée
le 6 avr. 2026
Critique lue 273 fois
7
le 6 avr. 2026
SuivreJ’avais beaucoup apprécié la saison 1 pour sa construction, son ancrage social et surtout pour le lien entre ses personnages. Avant, nous avions une histoire de loyauté et d’entraide, avec une...
7
le 15 avr. 2026
SuivreJe ne vais pas faire de comparaison avec la saison 1, tout simplement parce que ça commence à faire longtemps que je l'ai vue, et je n'ai pas rédigé d'avis à l'époque (grosse erreur !). Mais dans mes...
9
le 6 avr. 2026
SuivreCette seconde saison est génial, j'ai adoré.L'histoire reste toujours un peu sur des rails avec ses tropes narratifs et manque un peu d'épaisseur pour nourrir encore plus ses personnages mais on suit...
10
le 2 avr. 2025
SuivreAe-soon veut devenir poétesse. Gwan-sik, lui, ne souhaite que rester à ses côtés, l'aimer et la rendre heureuse. Nés tous deux dans les années 50 sur l'île de Jeju, nous suivons leur parcours...
8
le 21 nov. 2024
Suivrele 19 mai 2026
Hae-Jo (Woo Do-hwan) est un (beau) jeune homme profondément blessé par l’abandon de son père après une erreur survenue à l’hôpital durant son enfance. Lorsqu’un événement vient brutalement...
6
le 20 janv. 2026
SuivreEn dehors des polémiques que la série a suscitées, force est de reconnaitre qu’elle confirme ce que la Corée fait actuellement : descendre tranquillement dans la production de navets avec une...
SensCritique dans votre poche.
Téléchargez l’app SensCritique.
Explorez. Vibrez. Partagez.



À proposNotre application mobile Notre extensionAideNous contacterEmploiL'éditoCGUAmazonSOTA
© 2026 SensCritique
Thème