Law School
6.6
Law School

Drama JTBC (2021)

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Law School est un drama qui s'inspire fortement d'un film comme Paranoïak (Disturbia) et d'une série comme How to Get Away with Murder. Si on mélange ces deux œuvres, on obtient, dans ses grandes largeurs, le scénario proposé ici. Premier constat : même s'il est adapté à la sauce coréenne, on s'inscrit davantage dans un format américain dans son déroulé. Sauf qu'ici, la première partie n'est pas une invitation à rester, mais plutôt une incitation à fuir tant le visionnage s'avère laborieux. La raison est simple : on essaie non seulement de perdre le spectateur dans le récit, mais la mise en scène lourde et l'afflux de dialogues techniques, redondants et fastidieux, finissent par devenir lassants. C'est bavard, beaucoup trop bavard. Et, cerise sur le gâteau, c'est beaucoup trop long. Enfin, à moins d'être complètement aveugle, vous aurez identifié le ou les coupables ainsi que le mobile dès la moitié de la série, voire avant. On se retrouve donc à meubler le reste du temps avec une sous-intrigue trop pathos.


L'histoire tourne autour de l'ancien procureur Yang Jong-hoon(Kim Myung-min), qui exerce depuis des années à la Faculté de droit de Hankuk. Rigide et strict, il est cependant très à l'écoute de ses étudiants, ne cessant de les stimuler pour les faire se surpasser. Il a pour principale amie Kim Eun-suk(Lee Jung-eun), professeure de droit civil. Et même s'il a des différends avec l'ancien doyen Seo Byung-ju(Ahn Nae-sang), il est resté proche de lui tout en le mettant devant ses contradictions et son attitude passée. Le jour où ce dernier est retrouvé mort dans son bureau, très vite tous les soupçons se portent sur Jong-hoon. Il devra se disculper avant de rechercher qui est le vrai responsable de ce meurtre. Ses étudiants les plus chevronnés, Han Joon-hwi(Kim Bum), le propre neveu de Seo Byung-ju, et aussi Kang Sol(Ryu Hye-young), une étudiante boursière issue d'un milieu pauvre, lui seront d'une précieuse aide. Mais un puzzle bien plus vaste devra être reconstitué pour mettre au jour une sinistre affaire remontant à 12 ans en arrière.


La première moitié est un véritable repoussoir. Vouloir perdre le spectateur pour créer du mystère est un procédé classique, mais ici la mise en scène abuse des flashbacks et d'un jargon juridique rébarbatif. Au lieu de piquer la curiosité, cela crée une barrière à l'entrée : l'immersion est laborieuse, sans que la récompense immédiate en vaille la peine. Il faut attendre la moitié de la série pour que l'intrigue se décante. Complexifier ne signifie pas rendre l'histoire difficile à suivre. Il faut aussi s'asseoir sur une part de crédibilité. Des étudiants de la prestigieuse Université de Hankuk qui se substituent à la police, au bureau des procureurs ou à des détectives privés pour mener l'enquête ? Ils ont décidément beaucoup de temps libre en dehors des cours. On finit par avoir une mécanique proche d'un Cluedo géant : un réseau fermé de suspects où chacun devient une pièce du puzzle, mais sans véritable tension ludique ni surprise. L'intention de mettre en avant la présomption d'innocence comme principe majeur des sociétés dites "démocratiques", sous la statue de Thémis, est en soi louable. Mais le résultat est trop théâtral et caricatural.


Law School n'est ni un thriller, ni un polar ; pour faire simple, c'est une enquête menée de l'intérieur par un prof et ses élèves les plus proches. On sent une forte influence américaine dans la conception du récit. J'ai plus vu une série US que coréenne au final, mais sans les rebondissements, le rythme et l'atmosphère qui vont avec. Il n'y a presque jamais de surprises, pas d'impact dramatique, sauf quand, pour meubler, on va nous vendre l'histoire de l'étudiante violée et tabassée par son petit ami qui est, quelle surprise, le fils d'un puissant notable. Pertinence de cet effet de manche ? Aucune. Alors bien sûr, soutenir la cause des femmes battues et de celles qui subissent un viol est une évidence, ce n'est pas le problème. C'est juste que cela n'a rien à voir avec l'histoire ; c'est là uniquement pour rajouter du pathos. J'ai trouvé l'écriture poussive et artificielle : presque tous les suspects gravitent autour de la même faculté, tout le monde connaît tout le monde, chacun possède un lien direct avec la victime et devient donc un suspect potentiel. Le comble étant que personne ne se pose la question de savoir pourquoi la victime avait engagé comme chauffeur un violeur récemment sorti de prison. Il y a aussi beaucoup de personnages qui ne servent à rien, on aurait pu resserrer le casting.


Il y a quand même de bonnes choses dans Law School et elles se résument principalement autour de son casting. Kim Myung-min ne fait pas dans le quantitatif, mais dans le qualitatif. Je dois dire qu'il dégage une crédibilité à toute épreuve en incarnant ce prof stoïque, sûr de lui, limite omniscient. Entre sa voix, son charme naturel et sa posture de mec de 50 piges, il en impose. Il vaut à lui seul le détour. Autour de lui, Kim Bum et Ryoo Hye-young font également bien le job. La série a d'ailleurs la bonne idée d'éviter le racolage romantique lourd entre leurs deux personnages : la discrétion et le non-dit sont ici de mise. Face à la noirceur ambiante (oncle assassiné, drames familiaux), une romance classique sous la pluie aurait été hors de propos. Cette pudeur bienvenue permet de laisser "l'après" à l'imagination du spectateur. La touche glamour mais aussi fragile et touchante de Go Youn-jung aura également son importance vers la fin. On finit par s'attacher à eux sur la durée. Par contre, les antagonistes répondent tellement aux clichés habituels des K-dramas qu'on n'y fait même plus attention. La mise en scène est en demi-teinte, mais surtout, c'est beaucoup trop long : il y a clairement deux épisodes de trop, voire plus. C'est là où on se rend compte de la faiblesse du scénario qui finit par tourner en boucle.


Au final, j'ai eu le sentiment persistant de ne pas être devant un divertissement, mais d'assister à un cours magistral de droit un peu lourd et rigide. Quant au dénouement, il n'a rien d'étonnant puisqu'il est, à l'image du reste, largement prévisible. Pour ma part, je n'y ai vu ni un message politique, ni une véritable dénonciation du système. Il s'agit avant tout d'une histoire qui prend pour point de départ un fait divers afin de mettre en lumière la corruption de quelques personnalités influentes et les abus qui en découlent. J'ai plutôt eu l'impression que le drama cherchait à réhabiliter le système judiciaire coréen, mais de manière très maladroite. Le traitement reste manichéen, encombré par les tropes récurrents des K-dramas et les clichés de circonstance. Au fond, Law School est surtout une histoire très moralisatrice qui préfère faire la leçon plutôt que de laisser le spectateur tirer ses propres conclusions. Ceux qui aiment les intrigues judiciaires très verbeuses y trouveront leur compte. Pour les autres, cette complexité affichée n'est qu'une illusion : le scénario est surtout inutilement alambiqué, alors que son mystère reste finalement assez simple. Je m'étonne encore d'être allé jusqu'au bout. Sans Kim Myung-min, que je découvrais ici, je ne suis même pas certain que j'y serais parvenu.


Main Theme: Lee Seung Yoon - We are

Additionnel OST : X (Type 1) - Safira.K

Créée

le 2 juil. 2026

Critique lue 10 fois

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