Les polars Arte sont un peu moins bêtes que ceux des autres chaînes, n'empêche qu'ils tombent tout de même assez souvent dans les même travers. A ceci près donc, que l'image est un peu plus terne, le rythme plus lent, et le fond un peu plus noir. Le complot Caravaggio, on se doute, n'échappe pas à la sentence. Avantage : resserré sur 6 épisodes, il ne traîne pas infiniment en longueur, toujours est-il qu'arrivé au bout, j'ai du mal à voir en quoi il n'aurait pas être condensé en un solide film de deux heures... Alternant flashback introductif, relatant le vol du Caravage qui donne le titre français, et les malversations d'époque, dont celle du père faussaire et défaussé de l'héroïne. Celle-ci, journaliste implacable, a le caractère bien trempé et inébranlable auquel on est habitué dans la fiction, et sera sans surprise sujette à diverses romances, parfois intéressées (celle furtive avec le geek d'entreprise qui finit en sang de boudin), d'autres bien attendues... J'ai le souvenir, il y a quelques années d'avoir vu un documentaire France TV sur une histoire similaire de vol de tableau et de copie : il était autrement prenant, et bien plus intéressant en documentant les affres financières qui relient pègre, politique et spéculateurs. La Linea della Palma préfère s'en tenir aux enquêtes journalistico-policières seule contre tous, aux drames familiaux et sentimentaux usuel, hélas. Le dénouement, toute fois, optant pour une approche morale et légaliste intransigeante, m'a tout de même un peu surpris.