La série Il Gattopardo nous plonge avec brio et beaucoup de justesse dans l’Italie des années 1860, une période de bouleversements où le pays est en marche vers son unification.
On y suit le prince de Salina, un aristocrate lucide qui voit peu à peu s’effondrer le monde auquel il appartient. Pour préserver l’avenir de sa famille, il favorise le mariage de son neveu Tancredi avec la belle Angelica, au risque de briser le cœur de sa fille préférée, Concetta.
Cette série historique est un récit intime sur le passage du temps, les renoncements, les trahisons et les sacrifices que les changements d’époque imposent aux individus. La série évoque avec finesse la difficulté d’accepter qu’un monde s’achève pour laisser place à un autre.
Les paysages italiens sont splendides, les décors et les costumes somptueux. L’écriture est élégante. L’adaptation réussit à restituer toute la mélancolie et la richesse du roman.
Il faut saluer la qualité du casting, à commencer par l’interprétation de Kim Rossi Stuart, qui incarne Fabrizio avec une grande élégance. Son jeu tout en retenue traduit la lucidité d’un homme qui comprend que son époque touche à sa fin.
De son côté, Francesco Colella est brillant dans le rôle du père d’Angelica. Il confère à ce personnage ambitieux, à la fois vulgaire et habile, une présence qui en font l’une des figures les plus marquantes de la série.
L’ensemble donne une série aussi brillante qu’émouvante, portée par une mise en scène élégante et des images somptueuses que j’ai regardée avec beaucoup de plaisir.
Une vraie réussite qui ne tient pas seulement à une esthétique mais avant tout à la dimension humaine et mélancolique qui accompagne chaque personnage face à un monde en train de disparaître.