Le Président foudroyé
Cette minisérie en quatre parties relate le parcours trop méconnu du vingtième président des États-Unis James A. Garfield et de son assassin Charles J. Guiteau. À travers une fresque historique poignante oscillant avec le thriller politique, on va y suivre le destin d’un homme qui n’avait pas demandé à devenir président. Son ascension involontaire va cependant signer sa chute abrupte. Le faisant ainsi basculer dans l’oubli.
La série ne fait pas que raconter le regrettable destin du vingtième président des États-Unis. Elle met aussi en lumière les travers du système politique de l’époque. Globalement, cette série met en perspective le rêve de changement d’un homme face à une corruption qui gangrène cette volonté. Il va sans dire qu’on est face à un récit intense et d’une remarquable rigueur historique. C’est d’ailleurs habilement ficelé le parallèle entre l’ascension de Garfield et la spirale de désespoir de Guiteau. Laissez-moi vous dire qu’on a rarement vu un biopic sur un président américain autant riche thématiquement que visuellement.
Il faut évidemment souligner le travail impeccable de ces interprètes. En première ligne, on a Michael Shannon en James A. Garfield. Il dégage une telle force tranquille dans ce rôle ainsi qu’un charisme dingue. Sa performance est juste phénoménale. Face à lui, Matthew Macfadyen brille comme ce n’est pas permis dans ce rôle de ce troublant personnage qu’a été Guiteau.
Le reste de la distribution n’est pas en reste avec des acteurs talentueux comme Betty Gilpin, Shea Whigham, Bradley Whitford ou encore Nick Offerman. Ce dernier est celui qui tire le plus son épingle du jeu en dehors du duo principal. Il incarne le vice-président et successeur de Garfield, Chester A. Arthur. Son personnage, d’abord présenté comme une brute écervelée, évolue d’une bien belle manière au fil du récit. C’est vraiment une performance brillante d’Offerman.
En définitive, j’ai envie de dire qu’on est devant l’une des meilleures œuvres télévisuelles de l’année. Il est clair que ça aurait pu parfaitement tenir dans un long-métrage. Or le format en minisérie de quatre parties permet vraiment de prendre le temps d’aller en profondeur avec ce fragment de l’histoire américaine assez méconnu.
Bref, cette œuvre réussit parfaitement à mettre en lumière l’histoire d’un homme oublié qui aurait pu changer la trajectoire de son pays. C’est à découvrir sans la moindre hésitation pour peu qu’on soit amateur d’histoire et de politique.
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