4
22 critiques
Ça partait bien...
Ça partait bien... Et puis au bout de deux épisode, le vide scénaristique. Jusqu'à une conclusion décevante, c'est rien de le dire. Dommage, cette version 2009 avait su s'écarter juste ce qu'il...
le 11 mars 2010
Revisiter Le Prisonnier en 2009 était un pari aussi audacieux que périlleux. L’œuvre originale de Patrick McGoohan, diffusée en 1967, reste encore aujourd’hui un sommet télévisuel de subversion et d’intelligence narrative. AMC et ITV ont choisi d’en proposer une relecture contemporaine en mini-série de six épisodes. Malheureusement, cette adaptation ambitieuse peine à retrouver l’essence qui fit la grandeur de son modèle, au point de sombrer dans une forme de vacuité narrative et émotionnelle, ce qui explique ma note personnelle de 3/10.
Sur le plan visuel, la série affiche pourtant des qualités indéniables. Le Village version 2009, transposé dans les paysages désertiques de Namibie, offre un décor original, entre utopie factice et isolement anxiogène. La photographie léchée et la mise en scène soignée traduisent une volonté de moderniser le mythe sans tomber dans une reproduction mimétique.
Hélas, cette réussite esthétique ne suffit pas à masquer l’indigence du scénario. Là où la série originelle exploitait son mystère pour questionner le spectateur et l’inviter à la réflexion, la version de 2009 semble s’égarer dans un verbiage pseudo-philosophique sans jamais parvenir à structurer une intrigue cohérente et captivante. L’enchevêtrement de sous-intrigues et de symboles finit par tourner à vide, laissant le spectateur plus perplexe que stimulé.
Jim Caviezel, dans le rôle du célèbre Numéro 6, livre une performance étonnamment inexpressive, manquant cruellement de nuances et de tension intérieure. Il est difficile de s’attacher à un protagoniste dont le cheminement psychologique reste aussi peu incarné. Face à lui, Ian McKellen, immense comédien, parvient par moments à sauver quelques scènes grâce à son charisme naturel. Toutefois, son Numéro 2 reste trop monolithique, prisonnier d’une écriture qui le confine à un rôle d’antagoniste abstrait et souvent verbeux.
Les personnages secondaires, qui dans l’original participaient à l’ambiance de paranoïa collective, sont ici réduits à de simples fonctions narratives, trop schématiques pour réellement enrichir l’univers ou susciter un intérêt dramatique.
L’un des aspects les plus regrettables de cette adaptation réside dans son incapacité à véritablement interroger ses thématiques de fond. L’identité, le conditionnement social, la liberté individuelle : autant de sujets que la série effleure sans jamais les creuser avec la densité et la subtilité qui faisaient la richesse de la série-mère. À force de multiplier les effets de style et les artifices cryptiques, la série s’épuise dans un hermétisme affecté qui finit par neutraliser toute portée critique ou émotionnelle.
Ce qui frappe enfin, c’est le sérieux pesant de l’ensemble. Là où l’œuvre de 1967 fascinait par son mélange singulier de suspense, d’absurde et de satire grinçante, cette version moderne opte pour une tonalité grave et oppressante, mais sans la profondeur existentielle qui aurait pu la justifier. La dimension ludique, presque kafkaïenne, de l’original s’est évaporée, au profit d’une gravité qui finit par étouffer toute forme de plaisir narratif.
Le Prisonnier (2009) représente à mes yeux un exemple typique de remake qui, malgré des moyens conséquents et des intentions respectables, passe à côté de son sujet. Incapable de transcender son hommage par une vision personnelle et aboutie, la série laisse un goût amer de rendez-vous manqué. À vouloir trop intellectualiser sans jamais réellement impliquer le spectateur, elle échoue à capturer l’essence même de l’œuvre originale : cet équilibre subtil entre mystère, satire et vertige existentiel. D’où ma note sévère mais sincère de 3/10.
Créée
le 13 juin 2025
Critique lue 13 fois
4
22 critiques
Ça partait bien... Et puis au bout de deux épisode, le vide scénaristique. Jusqu'à une conclusion décevante, c'est rien de le dire. Dommage, cette version 2009 avait su s'écarter juste ce qu'il...
le 11 mars 2010
5
200 critiques
On pouvait tout craindre d'un remake du « Prisonnier », série culte des années 60 qui se suffisait amplement à elle-même. Déjà, tout pouvait être simplifié à l'extrême pour être sûr de ne vraiment...
le 3 sept. 2011
9
275 critiques
N'ayant pas vu la première version pour le moment je ne me permettrais pas de faire de comparaison. J'ai découvert le scénario uniquement avec ce remake, en tout cas j'ai aimé. Un scénario vraiment...
le 5 août 2011
8
2300 critiques
Dans son film Après mai (2012), Olivier Assayas dresse un portrait sensible et nuancé de la jeunesse française du début des années 1970, marquée par l'héritage de Mai 68. À travers le regard de...
le 30 avr. 2025
9
2300 critiques
Battlestar Galactica (2004) n’est pas seulement une série de science-fiction, c’est un laboratoire politique sous haute tension. Si je lui ai mis 9/10, c’est parce qu’elle réussit à conjuguer tension...
le 3 juin 2025
4
2300 critiques
Difficile de rester indifférent face à un film comme Only God Forgives. Avec son esthétique glacée, sa mise en scène millimétrée et ses silences lourds de sens, Nicolas Winding Refn signe une œuvre...
le 28 mai 2025
SensCritique dans votre poche.
Téléchargez l’app SensCritique.
Explorez. Vibrez. Partagez.



À proposNotre application mobile Notre extensionAideNous contacterEmploiL'éditoCGUAmazonSOTA
© 2026 SensCritique
Thème