Au vu de la première saison, on peut se demander si les producteurs de Game of Thrones et leurs camarades ne se sont pas lancés dans cette adaptation à contrecœur.
Les séquences d'exposition du fameux "Problème" (que l'on parle de théorie ou d'intrigue) paraissent terriblement expéditives. Quand Liu Cixin étale ses connaissances sur de longues pages, parfois au détriment de l'authenticité et des protagonistes, la série bâcle ses exposés avec nonchalance, sans se soucier plus que cela de leur intelligibilité. C'est frustrant, car il y avait sans doute matière à faire mieux. Les outils existent pour transcrire élégamment et efficacement des enjeux aussi vertigineux que ceux du Problème à trois corps. Mais là, scénaristes et dialoguistes semblent avoir été pris d'une bonne grosse flemme au moment de s'attaquer à ce défi.
Et si le but était de donner un peu plus de rythme et de chaleur à l'ensemble (ce qui n'aurait pas été malvenu), ce n'est pas un franc succès, la faute à des détours par des clichés scénaristiques et apartés psychologiques d'un intérêt discutable dans ce format*. Pas besoin de pester contre la diversification du casting ou contre la délocalisation quasi-intégrale de l'intrigue pour dire que la gravité de cette dernière ne saute plus vraiment aux yeux (et que la caractérisation des différents personnages, trop nombreux trop tôt, est insuffisante pour susciter la moindre sympathie). Quelques scènes font certes relever la tête, mais c'est globalement trop décousu, convenu et timide, même visuellement. Le générique d'ouverture et le thème principal ressemblent vilainement à des recyclages pondus à la dernière minute. Bref, ce n'est pas très emballant, peut-être parce que les auteurs et leurs équipes n'étaient eux-mêmes pas assez emballés.
Tout n'est pas fichu, cependant. Certaines des graines plantées dans son dernier épisode paraissent fertiles, et cette saison 1 sera peut-être réhabilitée comme l'introduction pudique d'une série qui doit encore révéler son charme.
* À la décharge de cette série, il est vrai que, rétrospectivement, la plupart des séquences critiquées ici se révèlent être une transcription (peut-être trop) sage et fidèle d'éléments des trois romans.