Rouge couleur de la garde nationale et noir comme celle de la soutane d’un curé. Beaucoup de personnages d’écrivains du romantisme : Balzac, Dumas et plus tard à la fin du XIX ème Zola et Victor Hugo sont des Héros ou anti-héros ; Julien Sorel (Victor Belmondo) concentre toutes les facettes de l’hésitant, l’ambitieux avec une ambivalence caractérielle qui va lui apporter l’élévation dans une société dominée par des principes moraux rigides cadenassant la France après la restauration de la royauté. Le bonapartisme laisse des traces de gloire et de rejet. Telle est l’oeuvre de Stendhal pseudo d’Henri Beyle (1783 – 1842 / 59 ans) éditée en 1830 soit 9 ans avant la Chartreuse de Parme pourvue d’un autre héros, Fabrice Del Dongo, aussi complexe et séducteur que Julien Sorel et aussi tiraillé côté coeur. En ce qui concerne Julien Sorel, Louise de Rénal et 10 ans d’écart, épouse d’un notable ( Patrick Timsit) et mère de deux enfants va traverser une passion destructrice jusqu’à la jalousie portée à la moindre rivale. Pourtant, on ne recolle jamais les morceaux de ce que l’on a détruit. Même le repentir, conseil de son confesseur, lui fait perdre la tête car le bourrage de crâne chez l’église est prégnant dans toutes les consciences du non-pratiquant au plus extrémiste catholique. Le crucifix côtoie bien souvent l’arme à feu pendant que la folie mène au désastre. Cette version couleur du « Rouge et du Noir « moins expéditive que le film noir et blanc de 1954 avec la merveilleuse Danielle Darrieux et Gérard Philipe , bénéficie d’une parfaite construction qui enthousiasmera les nombreux stendhaliens.