L'histoire vraie d'un tueur en série, surnommé le Serpent car il échappe toujours aux poursuites, spécialisé dans les touristes de passage en Thaïlande. Le mobile ? L'argent, venant compléter son activité de trafic de pierres précieuses. Le mode opératoire : une drogue glissée dans un verre. Un jeune couple de routards néerlandais finit carbonisé, une Américaine qui s'apprêtait à se faire nonne est jetée à la mer, un gêneur est drogué pour s'emparer de son passeport. On commence par vomir, on se fait dézinguer ensuite.
Un jeune diplomate de l'ambassade des Pays-Bas, mis sur la piste par une requête des proches du couple, va s'échiner à traquer le coupable, en dépit de la mauvaise volonté de son patron tout autant que des autorités thaïlandaise. Il est épaulé, de temps en temps, par sa fiancée Angela, qui a l'avantage d'avoir le permis de conduire.
Le Serpent, c'est Charles Sobhraj, qui se fait appeler Alain en variant les patronymes. Il est associé à Monique, de son vrai prénom Marie-André, une Québecoise qu'il a séduite et amenée à s'établir en Thaïlande. Monique devient complice mais Marie-André se pose des questions, surtout depuis qu'elle a découvert l'infidélité de l'homme qu'elle admire.
Je me suis arrêté à l'épisode 2. Tout est navrant dans cette série de la BBC. La touche du Serpent d'abord : qu'est-ce que c'est que cette tête qu'ils ont fait à Tahar Rahim ? Encore un coup de la perfide Albion pour ridiculiser un acteur français ! On ne croit ni au truand ni au séducteur. L'esthétique "année 70" a été soigneusement reconstituée, aussi bien dans le grain de l'image que dans les couleurs, la musique, les coiffures, les lunettes et les tenues. Pas le plus agréable, l'époque étant à mes yeux l'une des pires en termes de mode. Parlez-moi des années 50 !
Les poncifs ensuite : le Népal, c'est la drogue et les babacools, la Thaïlande, ce sont les Bouddhas dorés et les marchés colorés, le personnel des ambassades, c'est le tennis et le golf. Pour justifier les motivations de notre Serpent, on invoque le racisme dont il fut toujours l'objet puisqu'il est métis vietnamien : pas d'autre moyen que ceux-là dans un monde où l'on est sans cesse rejeté.
L'interprétation est raccord avec ces constats. L'un des pires rôles de Tahar Rahim. Tout le monde surjoue autour de lui. Jenna-Louise Coleman articule un français médiocre, sans trace d'accent québecois. Le couple échange tantôt en anglais tantôt en français, sans qu'aucune logique préside au choix de l'un ou l'autre.
Enfin, cerise sur le gâteau, la narration : la série alterne sans cesse les époques, à coup de "2 mois plus tôt", "3 mois plus tard", ce qui fait qu'on est vite perdu (plus tôt que quoi ? que la date initiale ou que la séquence précédente ?). Et comme la fréquence de changement est très élevée, le procédé devient vite exaspérant.
Si au moins c'était passionnant... Mais la série ne parvient même pas à installer un solide suspense.
Un ratage complet.