Comme il fleure bon la poésie vintage dès son générique d’ouverture, ce petit feuilleton intimiste empreint de douceur et de rêve estival, qui prend le temps de vivre avec le goût des joies simples. C’est un plaisir de renouer avec le mode de vie paisible d’une société qui accordait encore de l’importance à certains principes. Modernistes, passez votre chemin ; d’autres comme moi trouveront cette désuétude bien agréable.
L’écriture et la réalisation ont été soignées pour cette mini-série, qui regorge de beaux décors naturels et de panoramas autour du Puys-en-Velay et du Chambon-sur-Lignon, en Auvergne. J’ai aussi apprécié le jeu plaisant de William Coryn. Il a su rendre attachant le personnage central de l’histoire, celui d’un ado romantique et opiniâtre, éduqué de façon stricte par son père (interprété par Paul Guers), et qui va mûrir pendant ses vacances d’été, entouré de belles plantes...Ainsi il va d'abord faire la rencontre d’une mystérieuse « dame en blanc » du nom de Pauline (incarnée par la belle Marina Vlady), qui intrigue le jeune homme. Par contraste, Catherine, la fille de Pauline, insolente et gâtée, est une jeune pousse néanmoins très photogénique, sous les traits de Catherine Frot, remarquablement à l’aise dans son premier rôle à l’écran, et bien balancée de surcroît. Attention les yeux au troisième épisode, dans lequel s’invite un gros plan quelque peu inattendu, à ne pas manquer !
Bémol, côté décor : la vaste capture de papillons naturalisés et accrochés aux murs de la chambre de Jean-Philippe, bonjour le respect l’environnement ; des papillons en photo / peinture n’auraient-ils pas suffi, pour faire passer le message symbolique de la « renaissance » et de la transformation à l’âge adolescent ? Et l’arrachage des fleurs sauvages par poignées, pas très « peace and love...nature ».
Note positive :
Au moins le magnifique berger allemand (appelé « Ifni »), de Jean-Philippe est sauvé par Daniel, ami de la famille et aussi véto à ses heures. OUF ! Ifni n’a pas mal fini, tout est bien qu'ifni bien (ma mauvaise joke-anagramme du jour, ça c'est fait).
Les amateurs de voitures de sport vintage auront de quoi se régaler avec les designs 70’s de la Porsche 911 blanche (assortie à la dame en blanc, classe !) et du cabriolet rouge (dont je n’ai pu identifier le modèle) conduite par Catherine Frot. C’est fou comme les autos étaient stylées, avec des lignes bien distinctes à l’époque, avant de devenir de gros cubes et mochetés SUV qui se ressemblent tous maintenant.
Côté « private joke » cher aux z’élites : la série remplit son quota de trannies plus ou moins réussi(e)s, avec André(e) Tainsy, qui joue encore les p’tites vieilles bonnes bourrues super costaud(e) pour porter d’énormes paniers de légumes et de linge, et Denis(e) Péronne, toujours déguisé(e) en grande rombière avec robe-chapeau-collier de perles. C’était ça ou bonne sœur / sportive / femme de président.
Parmi les autres protagonistes, on reconnaîtra le pittoresque Fernand Guiot, habitué aux rôles de benêts et de dupes, Jean-Pierre Moulin en ami/véto de la famille, et puis la jeune Marie-Laure Beneston, qui se défend bien en confidente et copine d’enfance de Jean-Philippe. Sans oublier Reine Mazoyer, actrice et décoratrice, qui était l’épouse et collaboratrice du réalisateur.