"Les Évaporés" est une série qui te fait regarder ton voisin partir acheter du pain en te demandant s'il n'est pas en train de rejoindre une association secrète de disparus volontaires présidée par une fliquette philosophe en imperméable. Tout commence lorsqu'Esther Bazin, commandante de police de 43 ans, voit son mari disparaître sans laisser d'explication. Officiellement, la loi protège le droit des adultes à disparaître volontairement depuis 2013, ce qui laisse les familles avec un immense point d'interrogation. En croisant la route de deux civils du Groupe de Recherche sur les Disparitions Volontaires, elle crée une brigade atypique qui tente de retrouver ceux que la justice considère parfois comme ayant simplement choisi de s'effacer.
J'ai trouvé "Les Évaporés" agréable et sincère. Le concept est vraiment original, car il aborde un sujet rarement traité sous cet angle, celui des disparitions volontaires et de la douleur de ceux qui restent derrière. J'ai beaucoup apprécié la dimension humaine de la série, avec des histoires souvent touchantes qui prennent le temps de montrer les conséquences de ces absences sur les proches. Le trio d'acteurs fonctionne très bien, et leur complicité apporte une vraie chaleur à cette équipe peu conventionnelle.
Le fil rouge autour du mari d'Esther est, pour moi, la meilleure idée de la série. Il donne une cohérence à l'ensemble et permet à l'émotion de grandir au fil des épisodes sans que l'on ait l'impression d'enchaîner uniquement des affaires indépendantes. J'ai aussi apprécié cette progression émotionnelle, qui rend Esther plus attachante à mesure que ses certitudes s'effritent.
En revanche, les enquêtes restent finalement assez classiques malgré l'excellente idée de départ. Plusieurs épisodes veulent raconter beaucoup de choses en même temps, au point que certains arcs auraient mérité davantage de développement. J'ai également trouvé que le ton devenait parfois un peu trop "feel-good". Cela donne une série plus lumineuse qu'un véritable polar sombre, ce qui pourra décevoir ceux qui s'attendaient à une ambiance plus oppressante, comme si un violoniste mélancolique s'était retrouvé coincé dans une fanfare municipale.
Au final, "Les Évaporés" est une série humaine, bien jouée et émotionnellement touchante, portée par une idée de départ particulièrement forte. Je la conseillerais surtout à ceux qui privilégient les personnages et les émotions aux enquêtes purement policières... pendant qu'un facteur continue obstinément de distribuer du courrier à des gens qui ont officiellement disparu.
Bref, ça ne casse pas des briques, j'ai même failli m'endormir et finalement on sait ou passe l'argent des contribuables... Bien que pour ce coup là, ça passe encore...