Les films à l'arrache est une websérie réalisée par Laurent Firode. Le format est simple : des épisodes qui durent d'une à deux minutes et une succession de champ-contre-champ uniquement ; pas d'effets spéciaux ou autre, seulement un duo qui se renvoie la balle. Naïvement, on pourrait croire qu'avec une telle économie de moyen, l'écriture soit présente… il n'en est rien.
Les épisodes sont en effet très mal écrits, indignes de ce que l'on peut obtenir via ChatGPT — je vous le prouve plus bas —, sans aucune subtilité, bourrés de clichés qui auront du mal à faire rire quiconque possédant encore ne serait-ce qu'une dizaine de neurones encore en activité dans le ciboulot. C'est de surcroît très mal rythmé, avec des gros blancs entre les dialogues qui vous feront regretter Fallout 4… sans déconner, c'est juste du champ-contre-champ, on est sur le niveau 0 du montage là, même ma grand-mère monte mieux.
Et en plus de ça, c'est très mal joué, j'espère qu'aucun des acteurs n'osera foutre les films à l'arrache dans sa bande démo — faudra pas venir chialer ou crier au complot de gauche parce que personne ne vous veut dans son film le cas échéant. Mention spéciale à la chute de Thomas Seraphine : l'effondrement de carrière le plus spectaculaire depuis Loris Andrea sûrement.
Bien évidemment, je n'aurais pas écrit de critique sur cette websérie s'il n'y avait pas anguille sous roche et si elle était considérée pour ce qu'elle est, à savoir de la merde. Or, en plus de bénéficier d'une moyenne relativement bonne sur SensCritique à l'heure où j'écris ces lignes — à savoir 6, mais heureusement, ça baisse —, il faut savoir que ce truc est financé par Pierre-Édouard Stérin. M'enfin, être financé par un milliardaire d'extrême droite prétendument patriote — car il l'est tout autant que je suis la réincarnation du Christ — est une chose. Le véritable problème là-dedans est que Laurent Firode agit comme un bon petit chien, servant les intérêts de son maître. Les sketchs qu'il publie font en effet écho aux nombreuses peurs de ce bonhomme, à savoir tout ce qui se rapporte à la gauche, à l'écologie, aux LGBT ainsi qu'aux fameux « wokes » — je précise au passage que ça fait plusieurs années que je demande des définitions à ceux qui emploient ce mot, je n'ai jamais obtenu deux définitions identiques. Tout aussi corrosif qu'un humidificateur d'air, ne ressort de ces sketchs qu'un immense vide qui rendrait jaloux la boite crânienne de Nadine Morano ; ainsi que de la méchanceté gratuite envers des personnes que ni Laurent Firode et son équipe, ni les pauvres hères qui apprécient ce truc, n'ont côtoyé une seule fois dans leur vie. Force aux personnes visées en tous cas, n'oubliez pas que vous serez toujours plus courageux que le péteux derrière le plan Périclès, bien trop lâche ne serait-ce que pour se présenter à une commission d'enquête parlementaire.
On notera au passage que notre cher Laurent s'est trouvé un autre maître plus récemment, Vincent Bolloré, étant allé jusqu'à créer un sketch, « Lâche Investigation » — titre d'une inventivité folle que ne renierait pas un élève venant de faire sa rentrée en 6ᵉ au Collège Joseph Chassigneux de Vinay — afin de « critiquer » l'émission d'Élise Lucet. Dans ce même sketch, il va jusqu'à parler de « milliardaires de gauche », ce qui constitue sans nul doute la meilleure blague qu'il ait pu écrire de toute sa vie… dommage que ce soit involontaire.
Deux théories me viennent alors en tête :
- Laurent Firode est juste cynique et il a trouvé un filon pour se faire du fric facilement… mais je n'y crois pas trop, sinon il aurait fait des trucs vraiment bien derrière ou se serait tiré avec le magot.
- Laurent Firode est un raté et c'est pour ça qu'il milite notamment pour la fin du CNC. Peut-être espère-t-il que, dans un monde où les films se font rares, il puisse être présenté comme étant un bon réalisateur. À moins qu'il ne reste plus que lui pour réaliser des films sur Terre, c'est peine perdue si vous voulez mon avis. Grand prince, je lui décerne toutefois la couronne de la médiocrité, seul domaine dans lequel il excelle à perfection.
Pour reprendre ce que j'ai dit plus haut, oui, ce truc est apprécié. Je ne vois pas trop comment c'est possible, m'enfin, comme on dit, tous les goûts sont dans la nature. Plus surprenant, on retrouve nombre de gougnafiers défendant ce programme parler à tout bout de champ de « censure ». Face aux géants derrière cette pratique que nous serions, nous, gens de gauche, ces Don Quichotte en herbe, reprennent leurs claviers « (modernité oblige) pour retourner au combat dans l'arène politico-culturelle qu'est devenue SensCritique ». Bien sûr, inutile de chercher bien loin, inutile de chercher tout court d'ailleurs. Venant de notre camp, jamais volonté de censure il y a eu concernant ce médiocre programme. Juste un rappel, provenant de personnes possédant, au minimum, une intelligence standard, de qui finance ce truc, ainsi qu'une critique sur la nullité du programme. Les faits quoi. Ceci dit, et vu qu'on parle des faits, il me semble important de rappeler que quand censure il y a, elle vient, et ce, de manière majoritairement écrasante, de la droite… ah bah tiens ?! Je ne parlais pas de Bolloré tout à l'heure ? C'est cocasse ça.
Encore une fois, il n'y a qu'à se baisser. Comme quoi, on a vraiment la droite la plus bête du monde.
Pour avoir vu d'autres des productions de Laurent Firode, notamment ses courts-métrages, je ne peux pas conclure autrement que le bonhomme n'a pas grand talent. Je tiens toutefois à souligner que ces derniers se révèlent moins mauvais que sa websérie — en même temps, je me demande comment ce serait possible de faire pire. En l'occurrence, je ne peux que mettre en lumière Moonlight serenade, un court qui se révèle même plutôt sympathique. Comme quoi, en se donnant à fond, le bonhomme arrive à réaliser quelque chose de « relativement bien ». Vous voyez bien que je suis quelqu'un de bon, je suis prêt à élever même les plus médiocres d'entre nous. Peut-être suis-je vraiment la réincarnation du Christ après tout ?…
Pour finir, j'étais parti sur des recommandations d'humoristes de droite, comme Gaspard Proust — pas tant à droite que ça finalement vu que le bonhomme a réussi à se faire virer d'Europe 1 — ou Dieudonné — pour le coup, carrément à droite —… mais je me suis rendu compte qu'il ne suffisait qu'à se baisser pour trouver mieux… ou moins pire, c'est au choix. De l'autre côté du spectre, j'en suis même revenu à reconsidérer les vieux sketchs de Simone Media, qui ont au moins eu l'intelligence d'arrêter après avoir compris qu'ils faisaient de la merde.
Quitte à comparer les films à l'arrache à d'autres trucs de droite, je le placerais même en dessous du Valek et du Raptor Dissident — personnages que j'exècre au plus haut point — d'il y a une dizaine d'années, alors que je considérais déjà ce dernier comme étant très mauvais à l'époque. J'en suis venu au point où je considère même la séquence « Ow! My balls! », prise stricto sensu, et présente dans Idiocracy comme étant plus drôle alors que son seul ressort comique est que quelqu'un se fasse taper dans les couilles.
Non vraiment, là, je m'avoue vaincu. Je pense même qu'il y a plus de chance de rire devant La Liste de Schindler ou Requiem pour un massacre.
C'est une insulte à sa personne que d'aimer ça, une ode à l'extinction de l'humanité. C'est quand même triste de se dire qu'il y a presque 2500 ans, Aristophane écrivait Les Nuées, pièce dans laquelle il parodiait Socrate, pour que certains en soient aujourd'hui à regarder les sketchs de merde de Laurent Firode.
Y'a de plus en plus de cons chaque année. Mais cette année, j'ai l'impression que les cons des dix prochaines années sont déjà en train de regarder les vidéos de Laurent Firode.
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Et en bonus, un sketch écrit par ChatGPT, dans le pur style des Films à l'arrache :
Titre : Film 100 % Déconstruit
PERSONNAGE 1
J’ai relu ton script. Il y a un problème majeur : ton personnage dit “Bonjour”.
PERSONNAGE 2
Oui. C’est un film. Les gens se disent bonjour.
PERSONNAGE 1
Justement : bonjour, c’est excluant. Il faut dire : “Bon-journée-potentiellement-variable-non-déterminée”. C’est dans le guide.
PERSONNAGE 2
Quel guide ?
PERSONNAGE 1
Le guide du “Cinéma Inclusif Ultra-Responsable et Potentiellement Auto-Déconstruit”. Imprimé sur du papier invisible pour ne vexer aucun arbre.
PERSONNAGE 2
Et… les arbres sont contents ?
PERSONNAGE 1
Évidemment. Ils ont voté à 73 % via vibrations de feuilles.
PERSONNAGE 2
Très bien… Et la scène où je marche, c’est aussi un problème ?
PERSONNAGE 1
Immense problème. Marcher, c’est discriminant envers les personnages sans jambes. Donc ton personnage… glisse.
PERSONNAGE 2
Glisse ? Comme une savonnette ?
PERSONNAGE 1
Parfaitement. Plus de marche. Uniquement du frottement consensuel contre le sol.
PERSONNAGE 2
Et pour la scène de bataille… je suis censé faire comment ? Je flotte jusqu’à mes ennemis ?
PERSONNAGE 1
Pas flotter : vibrer. Tu émets des ondes de désaccord constructif. (agite les mains n’importe comment) Brrr-brrr-brrr.
PERSONNAGE 2
Bon… Et la scène de romance ?
PERSONNAGE 1
Remplacée. Désormais, c’est : “Deux individus partagent une admiration réciproque strictement réglementée sans regard, sans mots, et sans projection émotionnelle.”
PERSONNAGE 2
Donc… ils se regardent pas, ils se parlent pas… ils ressentent rien ?
PERSONNAGE 1
Exact. La passion pure.
PERSONNAGE 2
J’ai une question. Une seule. On peut… juste… faire un bon film ?
PERSONNAGE 1
Un bon film ? Tu réalises que “bon” implique un jugement de valeur ? C’est très problématique.
PERSONNAGE 2
Très bien. Alors… qu’est-ce que je deviens, dans ton système ? Je suis quoi ? Un “méchant” ?
PERSONNAGE 1
Oui, si tu veux. On peut officialiser. J’ai un formulaire pour ça. Tu veux “Méchant”, “Très méchant”, ou “Méchant mais en transition” ?
PERSONNAGE 2
Coche “fatigué”. C’est ce qui se rapproche le plus.
FIN
Le truc « drôle » dans l'histoire, c'est que je trouve ça effectivement plus drôle — ou moins naze — que les sketchs du bonhomme. Comme quoi, autant je ne sais pas encore si l'IA remplacera un jour les meilleurs artistes, ce qui est certain, c'est qu'elle surclasse déjà avec brio les plus médiocres d'entre eux.