Misérables : quand Jean Valjean rencontre un extraterrestre

Il y a quelques jours, j’ai commencé à regarder la nouvelle série sur Jean Valjean, tirée des Misérables de Victor Hugo. L’œuvre, rappelons-le, se déroule au XIXe siècle. Mise en scène soignée, prises de vue excellentes, sujet passionnant… jusqu’à l’apparition du commissaire. Ce Javert qui traque Valjean toute sa vie est incarné par un acteur noir.


Au début, on est surpris. Ensuite, on se dit que le récit vient d’être purement inventé. On nous prend pour des imbéciles. À l’époque, il n’y avait pas de commissaire noir en France. Faire croire le contraire, c’est mentir délibérément aux téléspectateurs. L’acteur joue bien, c’est vrai. Mais pourquoi l’avoir fourré dans ce rôle ? À chaque apparition, la même question revient : d’où sort cet extraterrestre ? On n’est plus dans Hugo, on est dans une fan-fiction intersectionnelle.


Imaginons un instant l’inverse. On filme un roi d’une tribu africaine au Ghana : on prend un acteur blanc ? Évidemment non. On représente Gengis Khan en Viking blond ? On se ferait lyncher. Mais quand il s’agit de l’Europe du XIXe siècle, tout devient possible. Là, on se moque ouvertement de nous. C’est du « walk isthme » (pardon, du wokisme) appliqué à l’histoire : on réécrit le passé pour qu’il colle à l’idéologie du présent. Un film historique n’a nul besoin de ce genre d’invention. Même s’il s’agit d’une adaptation d’un roman, on peut respecter le cadre. Là, non. On préfère l’anachronisme racial au service d’une cause.


Dans la même veine, France Télévisions nous a gratifiés de *La Reine Serpent*, centrée sur Catherine de Médicis. Dès le premier épisode, la reine choisit une servante noire qui la suivra pendant toutes les saisons. Peut-on vraiment croire à une pareille absurdité ? Au XVIe siècle, à la cour de France ? Allons donc. Mais ce n’est pas tout : la présentation regorge de serpents, la reine est peinte en figure cruelle et satanique. On transforme une partie de notre histoire en ode à Satan. J’ai arrêté de regarder, évidemment. Quel intérêt ?


À des années-lumière de tout cela, la série italienne de la RAI, *Les Médicis*. Bien tournée, proche de l’histoire, sans le moindre parasitisme woke. Trois saisons visionnées sans que l’œil ne se mette à saigner. Preuve que c’est possible quand on ne se sent pas obligé de réécrire le passé pour faire plaisir aux commissaires politiques de la diversité.


Le constat est simple et amer. On nous sert des productions historico-fantasy où la couleur de peau des personnages principaux n’a plus aucun rapport avec la réalité de l’époque, sous prétexte que « c’est de la fiction ». Sauf que la fiction historique tire sa force de sa crédibilité. Quand on place un commissaire noir dans le Paris de 1830 ou une servante africaine dans l’entourage permanent de Catherine de Médicis, on ne raconte plus l’histoire : on la contamine. On transforme le spectacle en tract. Et le pire, c’est qu’on le fait avec un air de supériorité morale, comme si les spectateurs qui osent remarquer l’incongruité étaient les vrais racistes.


Résultat : on décroche. On arrête. On se tourne vers les rares séries qui respectent encore un minimum de cohérence. Et on se demande jusqu’où ira cette farce. Demain, Napoléon en femme transgenre ? Louis XIV en métis ? Jeanne d’Arc en non-binaire ? Après tout, pourquoi s’arrêter en si bon chemin ?


L’histoire n’appartient pas aux scénaristes militants. Elle appartient à ceux qui ont vécu, et à ceux qui veulent la comprendre sans filtre idéologique. Quand on la trafique pour coller à l’air du temps, on ne fait plus de l’art : on fait de la propagande. Et la propagande, même bien filmée, reste de la propagande.

Astrapios
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il y a 1 jour

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