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Tremble Paris !
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le 18 déc. 2011
"Les Vampires" de Louis Feuillade est un serial, un film à épisodes de 7 h 20 sorti en 1915 au cinéma.
Curieusement "Sens critique" le range dans la catégorie série, mais les séries ne sortent pas au cinéma, sauf exception : La projection des deux premiers épisodes de "Twin Peaks The return", inénarrable (une saison 3) de David Lynch en 2017 à Cannes.
Ou encore Séries Mania.
Quoiqu'il en soit, nous avons affaire à quelque chose d'extraordinaire, d'ingénieux, de facétieux, de dramatique, de drôle, plein d'action, de retournements de situations, de duplicité, au cabotin génial (le personnage de Mazerette inénarrable Marcel Lévesque) un film qui montre furtivement en creux le Paris de cette époque (ah ! ces clairs-obscurs dans les rues ou ruelles de Paris !) Le film d'un magicien qui jonglerait avec toutes les facéties qu'il pourrait commettre, exploitant les travellings qu'offrent les voitures, sa grande maîtrise cinématographique (Feuillade est déjà à la tête d'une carrière pléthorique) et surtout, de l'action, point de temps mort, l'utilisation de la nuit... tout est d'une parfaite qualité et l'on s'amuse beaucoup.
La grande "affaire"du film, c'est la présence de Musidora.
J'ai eu envie de voir Les Vampires car je lis en ce moment un livre de Dominique Bona "Colette et les siennes" et il est fortement question de "Musi".
"Une vedette des Folies Bergère qui clame et improvise du Bruand ? C'est somme toute le portrait paradoxal de Louise des Misères de l'aiguille, puis d'Irma Vep des Vampires, l'infréquentable criminelle, à la fois communarde refoulée et Fantômas-Fantômette, pionnière transgenre érotique, l'épatante silhouette en maillot et cagoule de magie noire que la mémoire populaire a surtout retenue, témoin de la relation compliquée et mutante entre la mode et le cinéma. Nue, mais pas tout à fait et c'est (vam)pire. Embellie par la suggestion, par la représentation parfaite, elle devient icône, le gros plan et toute la grammaire du cinéma semblent inventés pour elle. Musidora a joué de son corps "comme d'une lyre pour exprimer toutes les ressources que le plaisir païen, en ses ambiguïtés, peut apporter à l'imagination" (formule empruntée à Pierre Louÿs, qui l'aimait tant). Le paroxysme de ses audaces, servi par un style incomparable, gracile, aérien, associé à un humour permanent. L'improbable vamp de la maison Gaumont que l'on envoie négocier la censure et qui refuse les doublures, l'amie du Montmartre bohème comme des couturiers des Champs-Élysées (Paul Poiret, qui découpe la soie de son fameux maillot sur ses recommandations et croquis), l'affranchie moderne en tête d'affiche et au visage taillé comme un dessin de Spat, la patte de velours qui tourne la manivelle de Colette et qui, dès 1915, publie son avis dans la presse spécialisée cinématographique, tout en décidant de monter ses projets en toute indépendance. Pour Musi, faire du cinéma, c'est tout faire (incarner, jouer, faire la funambule mais aussi écrire, tourner, produire, s'intéresser à toutes les difficultés techniques, faire partie d'une corporation) et c'est surtout ne pas abandonner la scène. »
Les Vampires sont sur You Tube dans une version américaine colorisée de piètre qualité sous-titrée français (j'y ai eu recours pour l'épisode 7 "Satanas"
bon, je vais enchaîner avec Judex ! (dont je connais la géniale version de Georges Franju) sur You Tube également en intégralité (et de bonne qualité) sur la chaîne du Cinéma de Minuit.
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Créée
le 12 juil. 2026
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