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le 2 avr. 2025
SuivreUne volonté inébranlable
Ae-soon veut devenir poétesse. Gwan-sik, lui, ne souhaite que rester à ses côtés, l'aimer et la rendre heureuse. Nés tous deux dans les années 50 sur l'île de Jeju, nous suivons leur parcours...
Sur le papier, Lesson in Love avait pourtant tout pour me faire lever les yeux au ciel. Une très belle prof, un lycéen arrogant et décomplexé, une relation interdite, une mère ultra-protectrice dont les pouvoirs semblent sans limite… Bref, quelques ingrédients suffisamment familiers pour avoir l'impression de connaître la recette avant même d'y avoir goûté.
Sauf que Lesson in Love est un peu plus maligne que son pitch ne le laisse supposer. Sans jamais abandonner les codes de la romance contrariée, elle révèle progressivement un récit plus complexe qu'il n'y paraît. Et je n'en dirai pas davantage, car une partie du plaisir consiste justement à découvrir jusqu'où elle compte nous emmener.
Si j’ai pourtant lancé la série, c’est pour son casting. J’adore aussi bien Edward Chen, que j’avais découvert si torturé et bouleversant dans le film Ton nom en plein cœur, que Tiffany Hsu, découverte dans Copycat Killer, dont j’aime beaucoup son jeu profondément réaliste.
Cette série était donc en attente depuis longtemps… Et comme elle est courte, j’ai fini par la lancer, et moi avec. Malgré les deux seules notes existantes sur ce site et aucune critique pour m’éclairer. Rien de bien encourageant. Je craignais donc que ce gâteau soit plutôt indigeste. Et pourtant, il est bon. C'est étonnant et je ne me l'explique toujours pas.
La première réussite de Lesson in Love tient à ses deux interprètes. Tiffany Hsu et Edward Chen possèdent une véritable alchimie, indispensable pour rendre crédible une relation qui, par son principe même, peut légitimement mettre certains spectateurs mal à l’aise. Car Meng-yun est l’enseignante de Yi-xiang et lui est encore lycéen. Mais si l’on peut trouver cette relation moralement inconfortable, on peut néanmoins reconnaître que la série ne la traite pas de manière simpliste.
Yi-xiang n’est jamais écrit comme un adolescent naïf sous l’emprise de son enseignante. Lorsqu’il apparaît, il est au contraire arrogant, provocateur, bravache, très sûr de lui et de son pouvoir de séduction. Il joue avec Meng-yun, cherche à la déstabiliser, pousse constamment les limites. Mais elle perçoit assez rapidement derrière cette assurance une gentillesse qu’il dissimule.
Et c’est finalement lui qui va être pris à son propre jeu.
Son rêve du troisième épisode (qui a beaucoup circulé sur YouTube lors de sa diffusion) lui révèle brutalement que sa prof n’est plus simplement une femme qu’il prend plaisir à provoquer. Il est en train d’en tomber raide dingue (désolée pour le jeu de mots). D'autres scènes joueront ensuite sur le même registre avec beaucoup d'humour. Mais Yi-xiang n'est pas réduit à un adolescent emporté par son désir. Derrière son arrogance et ses provocations, il révèle progressivement une maturité affective inattendue. Le rapport de force entre eux est ainsi beaucoup moins univoque qu’il n’y paraît : chacun, à différents moments, est capable de poser à l’autre les limites qu’il ne parvient plus à se fixer lui-même.
Si l'interdit est crucial pour l'histoire, il n'en constitue cependant pas le véritable sujet. Et les conséquences sociales sont à peine esquissées. Autour d’eux, le scénario se montre beaucoup plus conventionnel et enfile les ressorts dramatiques comme des perles. Tout y passe. La série ne cherche d’ailleurs pas vraiment à dissimuler ses cartes et glisse suffisamment d’indices pour que certains développements soient prévisibles.
Mais elle ne perd jamais de vue son véritable centre de gravité : Meng-yun et Yi-xiang. Edward Chen réussit à faire évoluer son personnage sans lui faire perdre son insolence initiale, tandis que Tiffany Hsu donne à Meng-yun suffisamment d’opacité, de dureté et de fragilité pour qu’elle ne se réduise jamais à « la jolie prof qui finit par céder à son élève ».
Alors oui, les ingrédients sont connus, même archiconnus, et l'histoire est très loin d'être parfaite. J'en vois parfaitement les ficelles et pourtant, bizarrement, elle a fonctionné sur moi. Grâce à un rythme qui ne s'enlise pas et surtout à la très belle alchimie entre ses deux interprètes, le soufflé ne retombe pas.
Cet utilisateur l'a également ajouté à ses listes Taïwan, un certain regard et Elle est plus âgée ... et alors ?
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