Y avait peu d'animé à se mettre sous la dent à l'automne 2025 au point que j'ai fait un truc que je fait rarement : en regarder un au pif. Le speech commençait par "vous commencerez pour le scénario, vous resterez pour le doggo" j'ai dit "ok, pourquoi pas." Ma copine en regardant le pilote à fait "haaa, mais je connais ça, j'ai commencé à lire le webtoon" et lorsque j'ai fait "alors, c'est bien ou pas ?" elle a répondu "c'est bof."
Au final, on aura regardé les 12 épisodes de cette première saison de Let's play et je suis effectivement tiraillé dans ce que je dois en penser car la série a autant de bonnes qualités qu'elle a de gros défauts. Sans doute parce que son auteur tente de nous raconter plusieurs histoires à la fois et qu'elles sont inégales.
Car Let's Play, c'est une histoire sur le streaming où Samara, une jeune développeuse qui a sorti son tout premier jeu découvre que Marshall, un streamer qu'elle adorait, a rendu une critique affreuse du jeu en question, plongeant la réputation de sa création au fond de l'abysse. Par une coïncidence extraordinaire elle découvre que le streameur en question vient d'emménager dans l'appartement à côté du sien.
Et pour le coup, moi qui ai bossé un peu dans le milieu, je trouve que celui-ci se base sur un fond de réalité. La série parle du lien affectif que les gens peuvent tisser avec des streamers qu'ils voient tous les jours, de la façon dont ceux-ci peuvent défoncer des carrières entières sans s'en apercevoir, de la pression du public qui très souvent est du même avis qu'un streamer populaire parce qu'ils ont vu une vidéo, de la pression de ces métiers pour garder un semblant de vie privée.
Et si l'animé est caricatural par bien des aspects (notamment tous les gros coups de pots et retournements de situations improbable) notamment lorsque les sentiments et les secrets des héros sont symbolisés par des personnages cachés dans l'ombre derrière eux avec des gros boulets portant le nom des sentiments refoulés ("angoisse" "honte" "peur".) Ce qui est un moyen absolument pas subtil de faire passer le message au spectateur. En vrai, c'est limite redondant avec ce qu'on sait déjà des personnages.
Mais on voit que l'auteur connait le milieu du jeu-vidéo indépendant ainsi que du streaming et ça m'a rappelé beaucoup des trucs que j'ai vécu personnellement. Bon, après, force est de l'avouer que le jeu de Sam est littéralement "Undertale avec une fausse moustache" et que son univers est quand même très cliché. On voit quelques épisodes dans lesquels Marshall joue au jeu en question et c'est pas hyper passionnant, l'intérêt résidant plutôt dans le fait de reconnaitre des amis de Sam qu'elle connait dans la vraie vie et qu'elle a inséré dans son univers. Cerise sur le gateau, toute cette intrigue trouve un semblant de fin au douzième épisode et ce, de manière plutôt satisfaisante. Ce qui n'est pas le cas pour les autres intrigues de la série.
Car Let's Play c'est aussi l'histoire amoureuse de Samara, petite développeuse timide qui tente de sortir avec Link (ha oui, quelques personnages ont des noms issue de jeux-vidéo) un barman-pompier (il en faut) qui l'aime secrètement parce qu'elle a été là pour lui a un moment de sa vie où il était au plus bas. Link est beau, il est musclé, il est extrêmement gentil mais il ne sait pas trop quel sont ses sentiments envers Sam. Et nous avons aussi les amis de Sam et Link, qui figurent dans le générique, mais dont les histoires sont trop esquissés pour qu'on puisse vraiment les connaitre.
Du coup, l'histoire essaye de nous faire croire en une sorte de "triangle amoureux" entre Marshall, Sam, et Link.... ha et Monica, la vlogueuse qui sort avec Marshall "en secret". Et pour le coup, le dilemme est assez mal exploité...
Monica est un tellement bon personnage que j'ai envie qu'elle reste avec Marshall. La série montre qu'elle tient à lui et que malgré son côté superficiel (on est sur une vlogueuse maquillage) elle tient a sa relation avec Marshall.
... enfin, il serait bien exploité s'il n'y avait Charles.
Car Let's Plays, c'est aussi l'histoire de Samara, une employée de bureau qui est développeuse par passe-temps et qui a des sentiments constrasté pour son supérieur hierarchique, Charles et qui ne sait si celui-ci l'aime vraiment ou s'il cherche à la draguer parce qu'elle est la fille du patron. Oui, car Samara est aussi la fille d'un riche PDG.
Et pour le coup, je sais pas ce que cette intrigue vient faire là. Déjà ça rend complètement un des enjeux de la série : si Sam vient d'une famille riche ça devient quand même moins grave si son jeu-vidéo se plante. Mais surtout cette intrigue est complètement décorélé du reste qu'on a l'impression durant la moitié de la série qu'elle se passe presque dans un univers parallèle. En plus elle a un arrière goût de 50 nuances de Grey que je trouve particulièrement malaisant.
En définitif je reste mi-figue mi-raisin : je suis content que la série se termine avec une intrigue relativement correcte laquelle ils ont résolus une grosse partie de l'histoire, mais ça me donne pas envie de lire la suite en Webtoon. Surtout si c'est pour voir Charles. Ha, et au niveau de l'animation, c'est juste pas ouf : on est sur un produit très statique qui fait le minimum syndical.
Ah oui, la série disait "vous resterez pour le doggo." Et c'était pas la raison pour laquelle je suis resté, mais le doggo est très bien. C'est un chien qui s'appelle Bowser, il est très mignon, il est super expressif .... preuve que l'auteur peut faire comprendre des trucs sans être obligé de mettre un personnage avec ce qu'on est censé comprendre écrit sur un boulet.