Je veux bien l'avoir vue dans de mauvaises conditions, cette série, sur une plateforme qui a zappé deux épisodes sur 8, dont celui de la fin, et proposé de les visionner dans un relatif désordre, ça n'aide pas, certes. Malgré tout, ça m'a permis de mettre le doigt sur un défaut majeur, qu'aucun confort de visionnage n'aurait pu amender : la faiblesse du scénario. Le reste était plutôt prometteur : une distribution compétente, un lieu fermé propice à des huis clos tendus, des parcours variés, reflétant notre société fragmentée, un dénominateur commun exigeant et porteur, et les vues aériennes de Paris, qui ne gâchent jamais rien. D'autant plus dommage, donc, que tout soit si grossièrement goupillé. On voit les ficelles à l'écran, grosses comme des câbles d'amarrage, et elles nous conduisent immanquablement là où on redoutait d'aller. Franchement, l'épisode du gâteau fourré à la drogue, quasiment une blague ! Aucune finesse, un parcours balisé qui fait lourdement flop, autant dire indigeste. Admettons qu'on n'ait pas signé pour une histoire spécialement subtile, après tout, il s'agit de discrimination, et il faut bien que les personnages se heurtent à quelques murs séculaires, ça fait partie du paquet. Mais, quand même, était-il vraiment nécessaire de nous confronter à autant d'archétypes d'un coup ? On dirait qu'on assiste à un atelier d'écriture au stade du brainstorming. En dernier lieu, mais ça, c'est plus personnel, j'avoue que je n'ai pas passé un bon moment en compagnie de personnages dont les motivations et les activités m'échappent, pour la plupart. Ça n'est pas la sympathie qui les étouffe, ils planquent leurs doutes sous une bonne couche d'orgueil, leurs amitiés sont frelatées par la concurrence échevelée qui règne dans leur milieu professionnel, leurs relations oscillent entre la dépendance et le mépris et me faire passer une de leurs soirées festives en leur compagnie me conduirait directement dans un ashram pour récupérer 10 ans. De jeunes écervelés avides de sensations fortes, on a rêvé meilleure compagnie pour 8 épisodes, franchement... Bref, un bilan très, très mitigé.