J'ai aimé Los Años Nuevos, de plus en plus au fil des épisodes. Et ce que je reprochais à l'épisode pilote, un "je-ne-sais-quoi" qui manquait de naturel dans ce début de romance, s'est estompé au fur et à mesure, laissant place à une histoire-d'amour-et-pas-que, telle qu'on en représente peu à l'écran.
Los Años Nuevos est une œuvre intelligente mais pas snob, pas chiante. Le dispositif choisi - un épisode, chaque année le jour du 1er de l'an, pendant 10 ans - permet habilement d'accélérer le récit tout en le ralentissant considérablement sur des morceaux choisies : un diner de famille en temps réel, une dispute dans un taxi, de longues caresses.
Ces moments du quotidien, dilatés à leur maximum, donnent une impression bluffante de "vrai", où les creux du quotidien se chargent soudainement de vie et d'intensité, gonflent au point de comprimer tout l'air disponible. Un regard, une remarques semblent alors pouvoir tordre le cours de l'histoire, que je tente de décrypter en m'improvisant sémiologue. Les dialogues échangés sont simples, mais tout est délicat et nuancé, paroles comme gestes.
C'est un amour qui échappe tant à la morale qu'à la passion dévorante, qui n'est le fruit ni de la destinée ni du hasard, dont on ignore quand est-ce qu'il commence et s'il se termine. Plus fort encore, c'est un amour qui se vit plus qu'il ne se raconte (d'ailleurs les quelques textos échangés entre les deux personnages principaux sont laconiques, on est loin de "Amours Solitaires"). Los Anos Nuevos, c'est terriblement sensuel, très peu intello et incroyablement juste. Bravo!!