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SuivreUn mythe conforté
Blade Runner 2049 n’est pas que la suite de Blade Runner. Pour prendre une analogie musicale, il serait la fugue, et le Blade Runner original serait le prélude. Le prélude est une forme musicale...
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J’ai abordé cette version comme une curiosité sociologique, et elle ne m’a pas déçu. On y retrouve tous les codes du concept Netflix, mais passés au filtre du monde arabo-musulman urbain et aisé. Les candidats sont chefs d’entreprise, cadres, professions libérales, ouverts à l’international, parlant un anglais impeccable… et pourtant, dès qu’on gratte le vernis cosmopolite, on voit resurgir des réflexes tribaux et patriarcaux puissants.
L’exemple le plus frappant : Amar, dentiste tatoué qui s’affiche volontiers torse nu, interdit à Karma de danser — activité qu’elle affectionne pourtant — et, dès le début, ordonne carrément à un autre candidat (Chérif) de ne plus lui parler dans les capsules. Dans n’importe quelle version occidentale, ce serait un scandale. Ici, personne ne lui reproche rien, et Chérif obtempère sans broncher.
Ce double visage — moderne en apparence, conservateur dans l’intimité — traverse toute la saison. Simo, beau et charismatique, devient glacial dès qu’il perd le contrôle. Amar incarne la liberté pour lui-même, mais la restreint pour sa partenaire. Les candidates, elles, se retrouvent face à des hommes en conflit ouvert avec deux personnalités : l’une publique, mondialisée, et l’autre intime, façonnée par les codes d’honneur et le contrôle social.
Même la mécanique du programme est assouplie pour coller au contexte culturel : chambres séparées à l’hôtel, pas de cohabitation réelle après les fiançailles… Et pourtant, le taux de mariage reste comparable aux versions américaines ou britanniques. Preuve que, dans ce contexte, l’adhésion aux critères culturels prime sur la découverte progressive de l’autre.
En somme, Love Is Blind: Habibi est moins une expérience amoureuse qu’un révélateur : celui d’un monde qui jongle entre modernité affichée et traditions profondément ancrées, parfois au prix d’un grand écart identitaire. Fascinant… et parfois glaçant.
Créée
le 15 août 2025
Critique lue 24 fois
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