Je suis vraiment tiraillé sur comment évaluer cette série.
On passe un plutôt bon moment devant. Les ressorts comiques fonctionnent souvent, et les personnages finissent par devenir attachants. En VO, c'est un vrai plaisir. Suivre l'évolution de leurs vies, c'est un peu observer une version en vitesse x2 de nos propres existences contemporaines.
Alors, pourquoi est-ce si difficile de noter et d'évaluer cette série ?
Parce qu'elle aborde des thèmes fondamentaux. Dans une société actuelle qui se polarise et menace les libertés, il faut parler de ces nouveaux modes de vie, de ces sexualités basées sur le respect et le consentement. Il faut que chacun puisse se voir représenté pour imaginer la vie qu'il désire.
Mais il faut que ce soit fait de la bonne manière. Surtout quand on choisit le prisme de la comédie.
C'est là que le bât blesse. Trop souvent, le ressort comique cède à la facilité. On frôle la blague de PMU, on frôle les clichés qui sortent d'ordinaire de la bouche de l'extrême droite. C'est vraiment dommage. Il y avait matière à être drôle sans foncer tête baissée dans ces caricatures malvenues.
Au fond, Machos Alpha rate le coche de la grande satire sociétale pour rester une sitcom parfois un peu paresseuse. En voulant rire de tout, la série s'emmêle les pinceaux et flirte avec les discours qu'elle prétendait dénoncer. C'est là que réside son vrai drame : sous ses airs de comédie légère et attachante, elle rate une occasion en or d'élever le débat, préférant le confort d'un humour parfois daté à l'audace de son époque. Une série plaisante, mais profondément frustrante.