Voilà une série d'une grande qualité, à tout point de vue. C'est tellement pointu et juste qu'on peut se demander parfois si on ne regarde pas des images d'archives. Les rôles sont consistants, les acteurs parfaitement sélectionnés, l'interprétation est un sans faute absolu de la première à la dernière seconde, le scénario est dense et méticuleux (complexe pour ceux qui comme moi ne sont pas branchés faits historiques et géopolitique). Quant à la mise en scène et la réalisation alors là vraiment c'est une immersion bluffante des sphères de pouvoir des années 70, tout nous y amène, colorimétrie, cadence, choix des musiques, rien n'est dû au hasard ici.
Pour moi on reste sur une fréquence quasi linéaire jusqu'aux avant derniers épisodes, peu d'action, ce n'est pas là dessus que ce drama est construit. La montée en tension est croissante, principalement focalisée sur les dialogues, incisifs, souvent face à face. On peut rater beaucoup de choses en manquant un regard appuyé. Je regarde ça avec toute ma concentration, c'est le mental qui prend le dessus sur l'émotion. Donc cette série demande beaucoup d'investissement, je n'ai pas pu la regarder d'une seule traite.
L'un pour la justice et la morale, l'autre pour le pouvoir et l'argent, on assiste à une course de fond entre deux hommes qui ne roulent qu'à l'instinct, un duel sur le ring, deux lions sur le même os. Tout les moyens seront bons pour soumettre l'adversaire, y compris les alliances contre nature.
C'est une oeuvre qui frôle la perfection, pourtant je n'ai pas tressailli, pas transpiré, pas ri, pas pleuré, j'étais concentrée. Ce n'est pas le genre de série qui me fait vibrer, trop sérieuse, trop complexe. Mais arrivée au bout je suis bien obligée de m'incliner face à l'interprétation des deux personnages principaux qui m'ont à chaque fois rattrapée quand j'ai douté de pouvoir finir. Hyun Bin tient la scène d'une main de fer, l'étendu de son talent n'est plus à prouver, sa seule présence suffit à faire la moitié d'une scène réussi (ce n'est pas dans ce rôle que je l'ai préféré cependant, probablement parce qu'on a accès à une palette de jeu réduite au vu du profil du rôle). Jeong Woo-Seong (que je découvre) dans la peau d'un procureur quasi cannibale m'a fait un plus grand effet. Woo Do Hwan, que je n'ai pas reconnu tout de suite (le fessier m'a fait tilter 😆) a montré sur la fin une belle présence également. La suite laisse présager un affrontement entre les deux frères selon moi.
La note que j'allais mettre à évoluer en cours de visionnage j'étais fixée sur un 7 au vu du travail spectaculairement abbatu par tant de gens, même si mon émotion personnelle était plutôt sur du 6. Mais les deux derniers épisodes et le final ont magnifiquement raflés le 8. Le choix qui a été fait par le réalisateur sur la dernière scène m'a conquise, en voilà du grand cinéma.