Rien ne sert d'être honnête, et il faut lâcher prise à temps.
C'est par cette paraphrase de La Fontaine que j'ai envie de résumer la morale immorale de Made in Korea.
Car oui, ne vous attendez pas à une romance, ni à une série de super héros. C'est un thriller bien noir avec des accents politiques.
Et c'est l'époque choisie pour ce drama court qui veut ça, en pleine dictature de Park Chung-hee. A cette époque, les services secrets sont un état dans l'état. Aucune autre institution ne peut leur tenir tête, et ils ne répondent qu'au président lui-même (et encore, c'est le chef de ces mêmes services secrets qui le tuera en 1979). En matière de vérité, la Korea Central Intelligence Agency (KCIA) est l'alpha et l'omega. Quand bien même elle n'arrive pas écrire le début d'une histoire, c'est elle qui en dicte la fin.
Bref, c'est dans ce contexte qu'un chef de bureau adjoint de la KCIA à Busan (joué par Hyun Bin, glaçant en brute retorse) va se mettre à rêver en grand pour sa carrière, et lancer un trafic de drogue pour apporter de l'argent à son organisation tout en s'assurant de grimper dans la hiérarchie. L'argent, couplé à d'autres méthodes de barbouzes, doit lui servir à obtenir du pouvoir à titre personnel. Problème : un procureur local veut démanteler ce trafic de drogue. Ce dernier, tel un Don Quichotte moderne, est particulièrement opiniâtre. Mais arrivera-t-il à ne fut-ce qu'égratigner la surface du mal ? On n'arrête pas facilement un moulin dont les ailes tournent. Mon principal petit bémol concernant ce drama réside dans le fait que les actions du procureur sont parfois empreintes d'une certaine naïveté qui cadre mal avec sa fonction. Mais bon, on peut fermer les yeux là-dessus.
Car quand on commence ce drama, on a envie d'enchaîner les 6 épisodes. Le rythme est soutenu. Le casting est plus que convaincant, Hyun Bin en tête. L'idée de placer par moment le spectateur tour à tour dans la tête de différents personnages est un peu désarçonnante au début, mais on s'y fait vite.
Côté visuel, la photo est impeccable. La reconstitution des années '70 est réussie, sans qu'on en fasse de trop. La bande son originale accompagne bien l'histoire aussi, mais c'est surtout l'utilisation de l'aria des variations Goldberg de J-S Bach comme fil conducteur qui apporte la petite touche finale glaçante au récit.