Maid est ma plus belle surprise de série en cette fin d’année.
Craignant un complaisant "Men are trash" réducteur et économe, la série fait le choix d'une immersion didactique du spectateur afin d'expliciter comment les violences conjugales progressent par quelques signaux faibles, puis s'épanouissent vers une lumière aveuglante, aliénante, si aucun choix ou aucune action n'est adoptée.
On évolue à côté d'Alexandra, embarqués malgré nous dans ce tumulte de survie économique, administrative et psychologique. La série expose ses personnages jusqu'aux racines de leurs motivations, mais n'est pas pour autant laxiste sur les actions qui en découlent. L'écriture souligne les conditionnements masculins - féminins menant aux relations de dépendances et de violences enfouies, encore une fois, sans en faire une mythologie simpliste de la souffrance. Chaque portrait est développé, aucun personnage n'est méprisé ou condamné, pour autant le récit nous fait comprendre l'importance d'une lutte qui doit se manifester. D'un ego qui doit revenir imperieusement à soi, pour que la vie puisse revenir à l'autonomie. Un rayon impossible, traversant de nouveau la pièce.
Sensible et sensibilisant, la série nous accompagne sans injonctions dans des modèles qui se répètent, et remet la parole et l'écriture comme arme ultime du changement. Je recommande chaleureusement.