Il est temps de vous livrer mon verdict final de manière posée. Cette première saison m'a laissée sur une impression très ambivalente, mais globalement positive.La conclusion de cette première salve d'épisodes prépare d'ailleurs très clairement la suite, refusant soigneusement de résoudre le triangle amoureux (une méthode narrative un peu agaçante). Mais elle ouvre surtout une porte passionnante : la potentielle création d'une véritable équipe féminine d'aviron pour la deuxième saison.
Ce serait une évolution salvatrice pour Teagan, lui permettant enfin de concourir pour elle-même plutôt que de s'épuiser à réparer l'ego de jeunes hommes arrogants.Oui, à condition de savoir exactement ce que l'on vient chercher, cette série vaut le coup d'œil. Crew Girl n'est très certainement pas la prochaine grande fiction adolescente qui révolutionnera le genre. Elle se repose paresseusement sur des archétypes que l'on a vus des centaines de fois.
Mais elle possède ces fameuses trois qualités difficiles à ignorer : une héroïne au caractère bien trempé, un cadre sportif totalement inédit et visuellement superbe, et une capacité rare à nous faire cliquer frénétiquement sur "Épisode suivant".
La série fonctionne parce qu'elle applique une recette universelle qui a fait ses preuves depuis les années 90 : confronter des mondes qui s'opposent. Teagan, la fille déchue qui a tout perdu, face aux héritiers arrogants qui pensent tout posséder. C'est l'histoire classique de l'outsider qui gagne le respect de la meute en étant plus talentueux que les autres. Netflix saupoudre cela d'une réalisation très propre, très colorée, avec une bande-son entraînante et un casting esthétiquement irréprochable. C'est le fast-food de la télévision : on sait que ce n'est pas de la grande gastronomie scénaristique, mais c'est exactement ce dont on a envie sur le moment.