Malcolm
7.8
Malcolm

Série FOX (2000)

Voir la série

♫ You're not the boss of me now ♫

Référence absolue parmi les séries comiques, Malcolm a ce petit truc en plus qui la propulse bien au delà des sitcoms traditionnelles. Une âme. Librement basée sur l'enfance de son créateur Linwood Boomer, et sous la bonne influence de John Hughes, la série devient presque immédiatement un phénomène. Et pour cause, des comme elles on en voit pas du tout. Pas de rires enregistrés, beaucoup de lieux en extérieur, un héros qui brise le quatrième mur et la volonté de ne jamais se conformer à la comédie familiale mainstream. Nous suivons une famille de prolétaires constamment sur le fil, l'envers du rêve américain en version déjantée (mais pas tant que ça, finalement). Une mère loyale mais autoritaire, un père émotif mais irresponsable et quatre enfants qui font les 400 coups. Et le tour est joué.


Parti pied au plancher, Malcolm donne le tempo (22 min staccato), imprime son générique dans les mémoires, cisèle le portrait de l'Amérique d'en haut, d'en bas, de partout à la fois et enchaine les perles comiques à un rythme qui défie l'imagination. Et il y a de tout : de la satire à l'humour noir, du slapstick à la parodie en passant par le non-sens et la potacherie ; tout public peut s'y retrouver. Sans compter que certains épisodes ont tout du concept : un épisode divisé en deux réalités alternatives, un autre en points de vues, ou encore selon la fantaisie d'une mère imaginant sa vie avec des filles et non des garçons,...Mieux : derrière la tonne de gags en tout genre, Malcolm est également d'une finesse d'écriture rare. Les six personnages principaux ont chacun leurs propres tempéraments et on pourra s'amuser à remarquer les traits de caractères communs entre tel parent et tel enfant. Et si on ne les repère pas forcément au premier abord, les épisodes multiplient les attaques en piqués sur les relations familiales, les grands idéaux, les discriminations sociales et inégalités socio-économiques. Cerise sur le gâteau, Boomer refuse les fins réconfortantes. Alors, on termine sur une pirouette scénaristique qui a tout du lancer d'acide en pleine poire. Nihiliste et fier de l'être. Et quel casting, mes aïeux.


C'est bien simple, aucun protagoniste au premier ou second plan n'est à côté. Ils ont tous leur singularité en plus ou ce grain de folie qui sied à merveille à la série, comme le nerd incapable et grassouillet Craig au papa poule Abe,...Tant et si bien qu'on s'attache à tout le monde, même aux "méchants" (inoubliable Commandant Spangler, incroyable grand mère Ida). C'est peu dire que la distribution fait des merveilles. Jane Kaczmarek est prodigieuse dans le rôle d'une mère en constante surchauffe, on ne se lasse de la voir mener sa famille à la baguette. Avant d'être Heisenberg, Bryan Cranston c'était Hal. Le comédien a d'ailleurs beaucoup contribué à densifier le papa, en le rendant plus immature et délirant (on est parfois vraiment dans du Tex Avery). Niveau gamme de jeu, peu d'acteurs ont pu se vanter de couvrir un si large territoire. Cranston l'a fait en deux rôles. Christopher Masterson a sa petite carrière dans le circuit indé, mais rien à faire : il est le Francis combinard et orgueilleux dont on adore suivre les galères à l'école militaire, en Alaska ou au Ranch. Justin Berfield est lui aussi imprégné de son Reese idiot et pyromane. Quant à Erik Per Sullivan, il a préféré stopper sa carrière pour aller vers d'autres contrées. Tant mieux, on aurait eu beaucoup de mal à l'imaginer en quelqu'un d'autre que l'épatant et le très rusé Dewie. Frankie Muniz ? Idem, malgré quelques essais dans le cinéma d'horreur ou chez Esprits Criminels avant de se réorienter vers la course automobile. On pourrait même y voir le signe qu'ils avaient conscience d'avoir atteint le zénith et qu'à partir de là, il fallait voir ailleurs.


L'essentiel, c'est que Malcolm est un jalon, un pierre angulaire et un emblème de l'humour en série au même titre qu'un The Office. Un épisode, c'est plusieurs fous rires garantis et une brouette de répliques/dialogues à ressortir dans la cour, à la machine à café ou pendant les repas de famille. Le genre de série doudou qu'on se relance de manière cyclique pour se remonter le moral ou se redonner un coup de fouet. Et on y découvre toujours un petit quelque chose qui nous avait échappé. Il est également à noter que la version française est du même calibre que l'original, donc inutile de jouer les snobs, VO/VF c'est du plaisir en barre (de rires). Il n'est jamais trop tard pour se lancer. Et il n'est jamais trop tôt pour la recommencer. Encore.

ConFuCkamuS
10
Écrit par

Cet utilisateur l'a également mis dans ses coups de cœur.

Créée

le 29 juil. 2019

Modifiée

il y a 1 jour

Critique lue 254 fois

ConFuCkamuS

Écrit par

Critique lue 254 fois

D'autres avis sur Malcolm

Malcolm

Malcolm

10

JZD

359 critiques

Critique de Malcolm par J. Z. D.

Francis qui veut pas travailler ! La peluche bleue qui parle à Dewey, et Reese pom-pom-boy ! Les microbes qui veulent entrer dans ses yeux ! Les objets s'évanouissent à proximité de Al ! Les nouveaux...

le 30 mars 2011

Malcolm

Malcolm

10

Eren

237 critiques

A bout de la boue bande de mous !

Dans ma famille, il y a six mâles teubés ou bizarroïdes, comme dans Malcolm. Un des cinq frères est né tardivement, un autre s'en est allé rapidement du domicile familial. C'est vous dire le degré...

le 7 déc. 2013

Malcolm

Malcolm

9

OkaLiptus

85 critiques

Fulgurance du rire

Série géniale, avec ses fulgurances techniques sur le plan de la réalisation, ses situations comiques impressionnantes, entre hystérie, état de grâce, débilité désopilante, qui possède un nombre...

le 27 juil. 2022

Du même critique

Dune

Dune

4

ConFuCkamuS

1182 critiques

Anesthésie Spatiale

Peut-on partir avec un avantage si l'on décide d'aller voir l'adaptation d'une œuvre matrice dans la littérature ? Oui, en ne l'ayant pas lue. Il n'est pas toujours aisé de jongler entre...

le 15 sept. 2021

I Care a Lot

I Care a Lot

4

ConFuCkamuS

1182 critiques

Épigone Girl

Dur d'échapper à son rôle phare. Propulsée sur le devant de la scène avec le rôle d'Amy dans le d'ores et déjà classique Gone Girl réalisé par David Fincher, l'actrice Rosamund Pike n'a pas ménagé...

le 20 févr. 2021

Les Trois Mousquetaires - Milady

Les Trois Mousquetaires - Milady

3

ConFuCkamuS

1182 critiques

Tous pour presque rien

Huit mois, ça peut être un vrai obstacle à la compréhension à l'ère du streaming et du binge-watching. Tout spécialement si vous vous lancez dans la suite d'un film pas très fameux, et que cette...

le 13 déc. 2023