C'est amusant : quand on me parle de Malcolm et, particulièrement, des parents, j'ai toujours deux sons de cloches. D'un côté, je me souviens de ce que disaient les gens à l'époque de la sortie, que Hal était trop cool et Lois une horrible personne. De l'autre, j'entends de plus en plus de gens aujourd'hui qui disent le contraire : que Lois gère tout toute seule, qu'elle est cool en vrai et que Hal est un abruti inutile qui ne s'occupe de rien.
Alors, il y a un peu de vrai dans les deux versions, mais pour avoir revue la série récemment, j'aimerais proposer une troisième version qui est beaucoup plus juste : tous les personnages de cette famille (à l'exception d'un peut-être) sont d'immondes trou du cul inhumain... Alors, je vous rassure, la série est toujours aussi bonne, l'humour très bien dosé et le rythme excellent. On notera d'ailleurs une certaine capacité de la série à soulever des sujets touchy et à les traiter de manière très correcte (et, si vous faites partie des abrutis qui crient au wokisme devant la nouvelle saison de 2026, sérieusement, revoyez les saisons originelles, vous allez êtes surpris). Une des grandes forces de Malcolm, ce sont aussi les personnages secondaires, souvent haut en couleur et surtout très bien écrits (en particulier Otto et Gretchen, qui me font toujours autant rire aujourd'hui).
Mais puisqu'on parle de la famille, la vérité, c'est qu'on comprend aisément pourquoi Malcolm ne veut plus avoir de contact avec ses parents dans la version 2026 même si c'est étrange de se dire qu'il ne parle plus à ses frères. Parce que, oui, Hal est le père pire de la création, démissionnaire, sans autorité, irresponsable et ne soutenant jamais sa femme (quand tu en viens à piquer l'argent de tes fils...). Oui Loïs, même si elle est seule à gérer la baraque est une véritable connasse, qui avoue faire des différences entre ses fils, en vouloir à son aîné pour des raisons futiles, a piquer la bourse de l'un d'eux, et mériterait de faire une bonne thérapie. Francis reste un grand frère de merde qui ne veut pas se remettre en question, Reese, on n'en parle même pas et Malcolm est horriblement autocentré et mérite des baffes. Seul sauvable dans la famille (et pourtant, qu'est-ce qu'il m’énerve dans les deux trois premières saisons), Dewey, qui semble être le seul un peu censé. Ça ne nous empêche pas de nous attacher à eux malgré tout.
Le plus notable reste que Malcolm soit aussi encensé aujourd'hui. La série reste une critique particulièrement cinglante de l’Amérique profonde, des dysfonctionnements du pays et de son abandon des classes les plus pauvres. Elle mérite très largement son aura et, si vous faites partie des deux ou trois personnes à ne pas l'avoir déjà vue, je ne peux que vous la conseiller.