En découvrant la version Netflix de Man on Fire, je m’interroge sur les raisons d’en avoir fait une série en sept épisodes de quarante-cinq minutes. Le film de Tony Scott – que j’ai revu récemment et que je considère toujours être une réussite – en racontait plus et mieux en moins de temps, et pour ne rien gâcher, avait sacrément de la gueule !
Ici, tout est insipide et sans intérêt, à l’exception de ces chouettes plans d’ensemble sur Rio qui donnent une assez bonne idée de sa densité et de sa géographie même si la série n’en tire aucun bénéfice scénographique. Les séquences d’action sont affreusement génériques, et l’histoire est d’un ennui mortel, le showrunner ayant eu l’audace de se débarrasser très tôt du problème d’addiction et de la dépression de son personnage principal. John Creasy devient dès lors un héros d’action lambda, et Man on Fire, une série d’action inoffensive qui fait tout comme tout le monde mais en moins bien. Et la relation entre le bodyguard et sa protégée, cœur battant du film de 2004, est réduite ici à une poignée de séquences pathétiques.
Quant à Yahya Abdul-Mateen, il se donne beaucoup de mal pour faire oublier Denzel Washington. Il a du talent ; ça se sent et se voit. Mais celui-ci est gâché par une écriture assez pitoyable de son personnage.
Man on Fire est donc une série Netflix comme il en existe des dizaines d’autres : tout juste bonne à servir de fond sonore.