Eh bien d'après tout le mal que j'en avais entendu, je m'attendais à bien pire de la part de cette version Netflix de l'immortel Iron Fist. Alors oui, c'est sûr, il ne s'agit pas d'un chef d'oeuvre intemporel et ses maladresses sont largement aussi nombreuses que ses épiphanies. Mais de-ci, de-là, quelques petites chouettes choses viennent rendre la série tout à fait regardable, à défaut d'être exceptionnelle. Bien plus regardable en tout cas que Defenders ou la seconde saison de Jessica Jones.
Danny Rand a perdu ses parents il y a bien longtemps, dans un crash d'avion dans l'Himalaya. Recueilli par des moines, il grandit dans la légendaire K'un-Lun, contrée hors de notre perception où il fut entrainé afin de devenir guerrier protecteur. Il accéda même au plus grand des honneurs, et reçut le pouvoir de l'Iron Fist (une capacité de concentration du chi qui donne un pouvoir exceptionnel dans le poing), qui ne se donne qu'une fois à chaque génération. Des années plus tard, Danny revient à New-York, où une société multinationale fondée par ses parents possède son siège. ll y découvre de nombreux changements, et, en particulier, le fait que la compagnie soit intégralement revenue aux enfants de l'ancien associé de son père, Harold Meachum, qui voient d'un très mauvais oeil débarqué l'héritier en guenilles. Ce qu'il ne sait pas, c'est que le père Meachum, prétendument mort, ne l'est pas réellement, et est sous la coupe de la Main, la fameuse organisation ninja/mafieuse/psychopathe, qui utilise la compagnie Rand pour mener certaines de ses affaires...
Bon. Parlons d'abord du point (lel) qui fâche : les combats. Parce que oui, assez logiquement, la série Iron Fist a été présentée comme très orientée arts martiaux. Et à ce niveau, c'est pas fameux, et même à mille lieues des films de kung-fu hongkongais même les plus médiocres : montage ultra cut qui masque complètement l'action, sur des percussions et/ou de la techno peu inspirée, reprenant bien souvent les mouvements les plus courants d'arts martiaux sur grand ou petit écran, donc beaucoup d'aikido, un peu de karate et un peu de kung-fu (on peut ajouter le tai-chi, l'épée kung-fu et le kendo, mais tout ça utilisé de façon assez superficielle), avec de temps à autres un ou deux trucs un poil plus originaux, mais pas souvent, et de toute façon clairement pas bien mis en valeur, à l'image de ce combattant utilisant la boxe de l'homme ivre, puisque son combat est tellement mal monté que ça casse largement l'intérêt cinématographique d'une telle pratique. Donc. Clairement, outre l'absence d'un bon metteur en scène et chorégraphe de combat sur ces scènes, ce qu'on peut ici reprocher à Netflix, c'est d'avoir fait de la fausse publicité, puisque de toute façon la série semble clairement mettre ces passages au second plan.
Ceci expédié (je l'accorde, c'est quand même un gros souci), en fait Iron Fist n'est pas si mal. Si le casting est inégal, il s'y trouve quand même quelques choix intéressants, et même Finn Jones est assez bien dans le ton la plupart du temps d'après le peu de fois où j'ai croisé l'Iron Fist dans mes lectures comics (Danny Rand est en effet un incorrigible naïf en collants souvent déconnectés des réalités, d'après mon expérience et Finn Jones exprime assez souvent bien ça). J'ai notamment apprécié ce qu'ont donné Jessica Henwick (Colleen Wing), David Wenham (Harold Meachum) et même, en fait, Tom Pelphrey (Ward Meachum), puisque son jeu mono-expressif et déconnecté est justifié par son personnage et le scénario. Les autres rôles s'en sortent clairement moins bien, mais quatre rôles principaux sur cinq (en comptant Jones) décemment gérés, c'est pas si mal.
Pour le reste, si la série ne se démarque clairement pas dans les domaines artistiques, elle ne tombe jamais vraiment en-dessous du médiocre. Je sais que pas mal de gens ont été déçus par le côté un peu miteux du poing de l'Iron Fist, mais je suis pas convaincu que les critiques auraient été meilleures à ce sujet si on l'avait doté d'un poing style kameha.
Quant au récit, s'il est d'une affligeante banalité, il se permet quelques petites idées de temps à autres (l'ambiguïté des Meachum, par exemple, ou quelques petites tentatives pour travailler le motif du retour - bon, j'ai plus été intéressé à ce niveau par les petites références odysséennes que par les gags "Visiteurs", du genre où Danny Rand saute au-dessus des voitures dans la rue, mais au moins y en a pour tout le monde disons). On aurait pu cependant couper à mon sens un ou deux épisodes, parce que oui, clairement c'est inutilement longuet, mais personnellement c'est passé.
Donc voilà, tout dépend de ce que vous y cherchez, et des attentes que vous nourrissez (ce lieu commun vous est gracieusement offert par... euh moi), mais si vous regardez Iron Fist en espérant un divertissement passable avec une ou deux bonnes idées de temps à autres, c'est ce que vous trouverez.