Mary & George n’est pas seulement captivante dès le premier épisode — la série devient plus dense, plus sombre, à mesure que George (Nicholas Galitzine) se transforme. Il devient de plus en plus lumineux, tel un Dorian Gray moderne sous le regard calculateur de sa mère, Mary. Julianne Moore est époustouflante : une vraie femme fatale, implacable, hypnotique. Chaque fois qu’elle revient à l’écran, on sent le danger monter. Tous les comédiens sont irréprochables. Depuis que j’ai vu Isabelle Huppert dans Mary Stuart de Bob Wilson, je suis fascinée par le théâtre politique de cette époque. Cette série prolonge ce fil et imagine ce qui aurait pu suivre sous le règne sacré de Jacques VI d’Écosse et Ier d’Angleterre — incarné ici avec une précision troublante par Tony Curran. Ce qui est rare : rien ne sonne faux. Les accents sont justes, les trahisons bouleversantes, les tensions intimes. C’est une histoire d’amour, de pouvoir, de guerre — racontée avec subtilité, rage et élégance noire. L’ombre d’un effondrement plane en sourdine, et résonne étrangement avec notre époque. Visuellement, la série est aussi théâtrale que picturale. Les intérieurs, les plans figés, les jeux d’ombre — chaque image semble composée comme un tableau secret. Et l’écriture ? À la fois brutale et poétique. Pour une fois, chaque “fuck” et “cunt” paraît justifié. Même les apparitions les plus brèves — Trine Dyrholm, Nicola Walker, Niamh Algar — laissent une empreinte. Je ne savais pas à quoi m’attendre, et j’ai été renversée. Que disaient-ils vraiment, à l’époque ? Peu importe : ici, chaque ligne résonne comme une prophétie.