La première chose que je me suis demandé, c'est pourquoi ce titre de "Melancholia"? Alors certes le drama va dégager de la mélancolie, mais cela n'a aucun rapport. Ce titre ne doit rien au hasard car il fait référence directement à l'œuvre d'Albrecht Dürer intitulé Melencolia I, une gravure sur cuivre que tout mathématicien qui se respecte connait. Cette œuvre est reconnue aussi comme étant la première œuvre de la Renaissance, marquant la transition avec la fin du Moyen Âge. Mais cette gravure est surtout remplie d'éléments symboliques plus ou moins dissimulés, comme des formules ou des formes géométriques parfaites. Oui car ce drama va parler de mathématiques mais pas que. Ça tombe bien j'ai toujours détesté cette matière à l'école. Sur certains aspects il se rapproche des problématiques évoqués dans SKY Castle et L'Amour au rattrapage, mais à un degré moindre. Attention aussi, ce n'est pas une série romantique au sens où on pourrait l'entendre. La passion première ce sont les maths avant tout.
L'histoire débute en 2017, au moment où Ji Yoon-Su(Lim Soo-Jung) professeure de mathématiques intègre un Lycée privé réputé. Elle va faire la connaissance de Baek Seung-Yoo(Lee Do-Hyun), un élève sur le papier moyen, mais qui est en réalité un génie des maths qui avait intégré le MIT à 10 ans. Suite à un trauma, il était revenu en Corée, vivant replié sur lui même 'ayant pour passion que la photo. Elle va lui redonner confiance, le gout des maths et à la vie car Yoon-Su est une personne altruiste. Seung-Yoo va progressivement tomber amoureux de Yoon-Su, mais il ne se passera rien. A cause d'une malheureuse photo à priori anodine, mais qui dissimule en fait un coup monté contre elle, la principale Noh Jung-A(Jin Kyung) va orchestrer un scandale qui va aboutir au renvoi de Yoon-Su de son établissement. Dépité, Seung-Yoo partira lui aussi, se plongeant uniquement dans les études et la recherche fondamentale. 4 ans plus tard il est devenu un mathématicien mondialement reconnu, tandis qu'elle donne des cours particuliers dans un institut privé pour élèves aisés. Les retrouvailles vont raviver les blessures ouvertes, mais aussi les sentiments que le jeune homme n'avait jamais oubliés.
Melancholia est une série très lente a démarrer, mais aussi très lente à se conclure. Ce n'est pas que le rythme soit lent, non, c'est qu'au niveau scénaristique c'est assez pauvre. Ainsi les 6 premiers épisodes pourraient facilement être condensés en 2 et les 4 derniers en 2 aussi, ce qui veut dire que 1/3 du drama est juste du remplissage inutile. C'est souvent le calme plat, ne vous attendez pas à des surprises, des rebondissements ou un à quelconque suspense, il y en a pas. Les thèmes évoqués ici sont la corruption au sein d'un établissement dans lequel l'élite du pays vient étudier notamment les maths, mais aussi l'histoire d'amour interdite entre un élève et son professeur. Concernant cet amour, on est pas dans le sordide ou le scabreux, on restera dans le platonique durant 99% du drama. Il n'y absolument rien de choquant ou d'amoral, sauf pour un cerveau malade. Paradoxalement la série est très belle et se laisse facilement regarder même si çà manque de densité. Ce que j'ai trouvé intéressant, c'est le fait de mêler les maths et l'amour, car si les maths amènent à la logique et au raisonnement, pour l'amour c'est tout le contraire. Sur le plan didactique, on ne fera malheureusement que survoler des problèmes d’ego de riches au lieu d’analyser le mal en profondeur. Cependant on verra les conséquences psychologiques subies par ces étudiants de la part de leurs parents et de la société, et cela fait réfléchir.
Melancholia assume forcement sa tonalité mélancolique et mélodramatique, quitte parfois à en faire un peu trop. Il y a des moments de douceur qui viennent contrebalancer une certaine violence dans les situations et les propos, et c'est fait de manière habile. On oublie pas de venir titiller la fibre sentimentale et émotionnelle, et parfois de manière grossière. Le gros problème de la série, c'est qu'on est souvent dans des séquences à répétition, ou bien on va retrouver les protagonistes dans des situations illogiques ou irrationnelles, le comble pour une série qui parle de mathématiques! En fait l'intrigue manque de cohérence et malgré quelques moments, elle est souvent sans relief. SI vous venez sur le drama pour voir une histoire d'amour particulière, ne vous attendez à rien d'exceptionnel. En Corée il est encore très mal vu que des comédiens ayant près de 15 ans d'écart s'embrassent. Concernant la corruption dans le milieu élitiste, on est pas dans SKY Castle, le système scolaire n'est jamais dénoncé, ici on se bat contre les pratiques et les méthodes d'un établissement élitiste. De plus ce n'est pas une histoire de vengeance mais de justice: les mauvaises personnes ne seront jamais punies comme on aurait pu s'y attendre. Dans Melancholia on est à 100% dans le pardon, la repentance et la résiliation, on fait ressortir le bon qu'il y a en chacun de nous. Il n'y a rien de pervers à observer, mais un système à dénoncer.
Musicalement parlant c'est très beau et sur la mise en scène il n'y a rien à dire. Niveau casting Lee Do-Hyun est bon mais sans plus, car il reste dans sa zone de confort en jouant ce type de rôle, donc je n'ai pas été surpris. Et puis je l'ai trouvé légèrement trop vieux pour jouer ce personnage. Jin Kyung c'est la "taulière", elle est parfaite dans ce rôle de directrice gagnée progressivement par la folie. Elle est encore exceptionnelle. Mon coup de cœur va vers Shin Soo-Yeon, qui à l'époque n'avait que 17 ans et qui crève l'écran par son jeu sincère et authentique. Elle est à la fois bouleversante et pétillante. Venons en à mon gros problème, c'est que je n'ai pas pu supporter Lim Soo-Jung et son interprétation que j'ai trouvé insipide, manquant de consistance et de relief. Non je ne l'ai pas trouvé vulnérable, mais chiante. Son personnage évolue bizarrement. Elle joue de manière "monocorde" ne dégageant pas grand chose sur la durée. Comme pour les maths, le postulat de départ est intéressant, mais la démonstration qui en découle est sujette à débat, le scénario n'est pas médiocre, il est juste inconsistant. On est dans un drama hybride mêlant une histoire d'amour particulière qui est liée à une instrumentalisation du système éducatif pour enfants riches, mais c'est trop mou.
La fin est trop convenue, trop gentille, c'est poussif et paresseux, mais on a l'habitude avec le réalisateur Kim Sang Hyub. Mais c'est surtout interminable car trop bavard. En fait le tout manque de subtilité et de finesse pour que l'adhésion soit totale. C'est beaucoup trop consensuel mais on évite le piège du pathos facile c'est déjà ça. Trop de personnages secondaires sont aussi mal ou peu employés à leur juste valeur. Le scénario ne s'avère finalement pas à la hauteur de ses ambitions et ce "couple" particulier ne m'a fait ni chaud ni froid. Et puis faire un épilogue à 10 minutes de la fin se déroulant en 2024? Quel intérêt? Aucun. Une bonne note que je retiens néanmoins c'est qu'on a encore à faire à des femmes de caractère, les bonnes comme les mauvaises. Mais j'ai aimé détester l'antagoniste qui est plus torturée et complexe que l'héroïne finalement trop lisse. Bref, le tout me laisse perplexe. Avant de vous quitter, je vais me plaire aussi à citer le grand mathématicien Jean Claude Van Damme sans qui le drama n'aurait sans doute jamais pu exister. Méditez cette sainte parabole mathématique: "1+1 =1 ou peut être 1+1 =11 et ça c'est beau"
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Additionnel OST: Melancholia OST Playlist