Entre Scooby Doo, Monster Eyes, Harry Potter, Disney, difficile de cerner le peu de "Addam's Family" que ce divertissement propose. On est plutôt dans une volonté de réécriture et ce malgré Tim Burton au commande. N'étant pas seul maître à bord, j'imagine qu'il a dû faire moultes concessions mais je suppose que l'appât du gain et le tremplin populaire de sortir un objet télévisuel pareil a aussi eu raison de son audace et du peu de génie qui lui reste, après avoir signé un pacte avec Disney. Le gars est sur un fil, coupant en plus, celui d'essayer de concilier ses aspirations premières tout droit sorties des vieux films de la Hammer, de certaines séries B-Z et autres tripes gothiques d'un autre âge avec une envie irrépressible de ne pas devenir "has been", d'être populaire, surtout auprès de la génération Z. Aucun doute que cette dernière tombe dans le panneau et que Mercredi soit devenue un phénomène car derrière cette machine à dollars, on retrouve tous les messages politiques actuels notamment sur le féminisme et la diversité. On se retrouve plongé dans une école de marginaux, représentant toutes la diversité humaine combiné aux monstres mythologiques, tout en flirtant avec X-Men et Les enfants particuliers. Je trouve que cela commence à faire beaucoup de références pour juste une adaptation de la famille Addams qui cherche à se concentrer sur Mercredi qui est bien le meilleur membre de la famille, pas de doute là dessus. Parlons d'ailleurs de son traitement extrêmement sage et qui s'assagit de plus en plus au fur et à mesure des épisodes. C'est comme si au final, le côté marginal, incontrôlable, amoral de Mercredi en était réduit à la couche de mascara sur ses yeux. C'est du vent et Mercredi ressemble de plus en plus à une personne en soif de reconnaissance et d'intégration. On est loin de l'esprit des valeurs inversés que prône la série de base que sont
ex : mariage = enterrement
ombre = lumière
douleur = plaisir
mort = vie
etc etc...La liste est longue. Ici on cherche à faire de Mercredi une jeune ado perturbée mais profondément dans les clous de la morale et surtout du Mainstream car cela doit plaire à tout le monde et être pour tous les âges. Passé ce constat, la série reste regardable, il y a assez de suspens et de mystère (à l'échelle d'une série pour ado) pour accrocher le spectateur et la saison 2 s'offre quelques moments plus "Burtonien" pour notre plus grand plaisir. On oubliera pas non plus les réf aux deux films des années 90, mais c'est là où le bas blesse et je conseille vivement à Wednesday de ne pas se frotter à ce monument, disponible encore sur Netflix qui parvenait au bon compromis entre respect du matériau de base et le côté familial, bon enfant.
Déjà l'époque n'est plus la même...(et c'était mieux avant)