Ils sont sales, bêtes, méchants, infoutus de s'accomoder des défauts ou qualités des uns et des autres, ne pensent qu'à tirer leur coup, prendre des pilules et se bourrer la gueule...ce sont de vrais ados, quoi !

Et comme si cette période de trouble à travers laquelle tout un chacun découvre le narcissisme et autres bouleversements hormonaux plus ou moins agréables ne suffisait pas à les désorienter, on leur donne des super-pouvoirs qui achèveront de faire d'eux de véritables marginaux. Plus efficacement encore que des travaux d'intérêt général sans consistance, et surtout sans la moindre tendance à la réhabilitation.

Misfits concentre en définitive les problématiques les plus évidentes auxquelles sont confrontées les ados dans la fiction grand public : indépendance, socialisation, troubles sexuels, etc. Mais les scénaristes ne se cachent pas derrière de fausses pudeurs, et font subir aux personnages les pires affronts tout en arrivant à faire ressentir une certaine empathie malsaine pour ces racailles en peau de fesse.

En émanent des situations bien souvent ubuesques, empreintes d'un humour décalé que la force de l'habitude me pousse à qualifier de "typiquement anglais" (clichééééééééé). Le tragique est parfois de la partie, lui-aussi, sans pour autant empiéter sur le fond au point que la série puisse perdre la qualificatif de "divertissement". Quelques messages parfois grossiers tendent à élaborer un point de vue moraliste (final de la saison 1), mais jamais l'on ne sombre dans le sermon à l'attention du spectateur.

L'ambiance générale contribue grandement à la réussite de Misfits, du graphisme à dominante de gris des cité pavillonnaires prolétariennes et du climat british, au choix et à l'importance des personnages secondaires (pour la plupart des adultes pas franchement irréprochables), en passant par le choix de la musique, terriblement entrainante, sans pour autant tomber dans un jeunisme pourtant à portée de main. Faudra aimer le rock, quand même, mais peut-on aimer les anglais sans aimer le rock ?

En bref : coupes de cheveux improbables, accents à couper à couteau, mauvais esprit, super-pouvoirs-métaphores-des-troubles-de-l'adolescence, une bonne dose de cul et de violence, de drogue et d'alcool, le tout en Angleterre = 8.

Cheers !

T_wallace
8
Écrit par

Cet utilisateur l'a également mis dans ses coups de cœur et l'a ajouté à sa liste Top 10 Séries

Créée

le 30 avr. 2011

Critique lue 349 fois

Misfits

Misfits

8

Ferulci

le 22 juin 2010

Suivre

La nouvelle saveur anglaise ?

La série rafraichissante de cette première partie d'année. Misfits prend le meilleur d'heroes (des personnages touchés par des pouvoirs et qui n'assument pas) et de skins (génération paumée qui se...

Misfits

Misfits

9

Adreena

le 4 janv. 2011

Suivre

Monkey Slut !

Des délinquants qui accomplissent des TIG et qui à la suite d'une tempête découvrent qu'ils possèdent des super pouvoirs, ça annonçait quand même un gros wtf. Je m'attendais à une série encore plus...

Misfits

Misfits

7

hillson

le 8 févr. 2011

Suivre

Perceptions sociales

Non, Misfits n'est pas un heureux mix entre Heroes et Skins. D'abord parce qu'il ne peut y avoir de hasard heureux impliquant Heroes, et ensuite parce que Skins et Misfits n'ont pas grand chose en...

In the Court of the Crimson King

In the Court of the Crimson King

10

T_wallace

le 18 sept. 2012

Suivre
Dernière modification

le 19 sept. 2012

Critique de In the Court of the Crimson King par T_wallace

Lors de mes jeunes années (au moment où mes oreilles commençaient à se sensibiliser à la musique), dans le salon de mes parents, la collection de vinyles trônait entre les VHS et les bandes...

Léon

Léon

3

T_wallace

le 4 nov. 2010

Suivre

Critique de Léon par T_wallace

Ha ha ha ! c'est nul ! Dire qu'on m'avait dit : "Mais non, Besson ne fait pas que des mauvais films ! T'as vu Subway, d'abord (non, je n'ai pas vu Subway) ? Alors ne te permets pas de dire n'importe...

Collatéral

Collatéral

5

T_wallace

le 6 déc. 2010

Suivre

Critique de Collatéral par T_wallace

Le film était parti pour entrer dans mon top 10 ; que dis-je, peut-être même mon top 3... Il aurait du me réconcilier définitivement avec Tom Cruise... Il aurait du faire de Michael Mann mon...