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le 17 juin 2022
SuivreCritique de Mr Inbetween par drloser
Une sorte de Louis CK / Ricky Gervais en version tueur / homme de main. Drôle, sombre et sans concession.
Derrière le plaisir presque coupable de voir Ray tabasser ou tuer des salauds, Mr Inbetween raconte surtout quelque chose de profondément triste : l'histoire d'un homme qui perd, petit à petit, presque tout ce qui compte pour lui.
Ray n'est ni un héros, ni vraiment un antihéros en quête de rédemption. C'est un homme brisé qui continue d'avancer, fidèle à un compas moral aussi infaillible que profondément personnel. Il protège les siens, punit ceux qui franchissent certaines limites et persiste à faire ce qu'il sait faire, presque par inertie. L'argent lui-même semble secondaire : au vu des sommes évoquées et de son train de vie, Ray pourrait probablement s'arrêter. Mais pour faire quoi ? Lorsqu'il affirme à Ally qu'il finira bien par trouver le bonheur, on aimerait le croire. Pourtant, il n'y a probablement pas de fin heureuse pour les gens comme Ray.
Même lorsqu'il finit par se retirer et semble avoir trouvé une forme de paix, la violence le rattrape. Son dernier sourire, adressé presque directement au spectateur, ressemble alors à un immense « told ya ». Ray peut changer de vie, mais il ne peut pas vraiment échapper à ce qu'il est.
Autour de lui gravite une formidable galerie de personnages profondément humains : Bruce et la progression atroce de sa maladie, Brittany qui grandit entre deux parents, deux mondes et deux niveaux de vie, Ally qui aime Ray mais refuse que la violence envahisse son existence, Dave qui cherche surtout un ami et a être là pour son fils, Dirk qui finit par renoncer après avoir trop souffert, ou encore Freddie, éternel commanditaire aux « mauvaises semaines », dont l'argent ne semble jamais acheter ni tranquillité ni bonheur.
Scott Ryan livre ainsi une véritable petite comédie humaine, portée par son interprétation fascinante de Ray : ce gros dur au sourire inquiétant, capable de passer en quelques secondes de la tendresse à une violence terrifiante.
La forme épouse parfaitement le personnage. En seulement 26 épisodes d'environ 25 minutes, Mr Inbetween ne s'embarrasse d'aucune fioriture. Les ellipses sont nombreuses, le temps se devine davantage qu'il ne s'explique, et chaque scène semble avoir quelque chose à raconter. La réalisation sèche, naturaliste, presque documentaire, achève de donner l'impression d'observer des gens vivre plutôt que des personnages participer à un grand récit criminel.
Une excellente série sur la violence, certes, mais surtout sur ses conséquences, et sur l'impossibilité pour certains de véritablement laisser derrière eux ce qu'ils ont appris à être.
Créée
il y a 7 jours
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