La série est très déroutante, un schizoïde génial (l'acteur est exceptionnel) doit affronter le monde. On ne peut pas tout dire, mais ses visions changent la vie de tous car il hacke le monde, littéralement, avec génie. La saison1 est intrigante mais presque rebutante tant les codes y sont différents. L'économie s'effondre de manière réaliste, assez lentement, on découvre des personnages de plus en plus intéressants, car de plus en plus humains, certains sont hackers, d'autres fonctionnaires gouvernementaux ou brutes épaisses, mais tous ont un vrai sens, on éclipse juste le capitaliste pur et dur dont seule la femme subsiste. Saison 2 intervient une brillante agente du FBI frustrée sexuellement et pourtant (ou du coup) géniale. Les personnages ont tous une vraie épaisseur alors qu'ils sont déroutants. La série varie sans arrêt les genres. On passe du suspense à la sitcom puis à la comédie musicale (nombreux titres des Pixies, mais aussi bien d'autres comme tears for fears au bon moment). Mais presque sans s'en apercevoir tant l'auteur nous emmene systématiquement dans les circonvolutions de l'âme plus que dans le réel. J'ai mis du temps à m'y faire mais je ne le regrette pas, j'ai parfois mal vécu certains épisodes de la saison 1 que je trouvais lourdingues ou hors de propos, mais qui ont pris sens saison 2. Je crois que je n'ai jamais vu quelque chose comme cela. Je suis surpris que Netflix l'autorise, (en fait on comprend pourquoi saison 4 car c'est en apparence l'apogée d'un panégyrique du transsexualisme et de l'homosexualité qu'en fait le script démonte en loucedé pour se concentrer sur le côté nihiliste) c'est 1 véritable création, une œuvre à part, que je qualifierais de soft punk. Bien joué de la part du réalisateur qui selon moi transcende les codes de la censurepour surtout parler de la douleur d'être. Je n'en dirai pas plus parce que je crois que l'histoire n'a pas beaucoup de sens, enfin elle n'en prend vraiment 1 qu'a la fin de la saison 3. Et encore, on sent le raccord, la saison 4 qui est explicative, qui révèle le but, sonne creux. Telle n'a jamais été la volonté de l'auteur pour moi. Ce qui lui plaît sont les mondes qui s'entremêlent saison 1. c'est le climat post apocalyptique et la paranoïa permanents qui en font l'intérêt. Beaucoup de commentaires éclairés sur la saison 1 qui pourraient pourtant s'améliorer saison 2. Je suis fasciné. Une série clivante en tous cas car elle casse les codes et en joue. Il faut persister pour l'apprécier. Ça vaut vraiment le coup.il y a un côté jubilatoire et désespéré comme the end of the fucking world.on rapproche souvent du Fight Club, mais plus j'avance plus je me rends compte qu'il y a beaucoup d'autres clins d'œil qu'au Fight Club par exemple à Fellini (la nave va, au début de l'épisode 10 de la saison 3) ou à David Lynch ( le personnage d'Elliot fait beaucoup penser au héros d'Eraserhead, ne serait-ce que la coupe et le regard, sans parler du monde confus décousu et angoissant). On pense aussi à plusieurs reprises à Monty Python Holy graal ou avant (cf. S4 ep1) mais on pourrait aussi penser à Taranrino (c.f ep 6 S. 4) il y a quelque chose d'horrible d'absurde et de viscéral au fur et à mesure des épisodes, comme quand adolescent on se croit libre et pourtant que l'on se rend compte, adulte, que l'on est prisonnier de cette société, de ces codes et surtout de ses convenances, c'est à dire de sa morale. Plus encore, autre facette, Derrière le sentiment général diffus dans les sociétés occidentales que l'on se fait avoir par les puissants, se cache la réalité, notre système est corrompu comme dirait Churchill. Mais de l'extérieur. Par une puissance qui se sent très jeune. Au fond la série est réac. Et peut-être pas à tort.une des questions que pose la saison 4 est intéressante en ce qu'elle induit un lien direct à l'inconscient qui nous gouverne : On pense toujours à soi quand on cherche ce que l'on a perdu. S'est on perdu avec? On ne pense pas à ce qui a été perdu, juste à soi.Est ce qu'on cherche à se retrouver ou à se perdre? Un écho à Proust peut-être ? Ou plus profondément un drame existentiel qui accompagne la condition humaine? Dans la série la question implique de se dépasser pour aller vers l'autre. Ce qui fait vraiment l'intérêt de la série c'est le doute. Le héros doute car il ne reconnaît pas toujours ses actions, le spectateur doute car ses codes sont souvent malmenés.au lieu de ronronner on ne peut s'empêcher de s'interroger. Il y a souvent des allusions philosophiques. On ne peut s'empêcher de penser à 1 soft nihilisme car tout ça est quand même atténué, cotonneux, histoire de nous faire réfléchir par nous mêmes. On traite de l'apparence, du fond, on traverse les unes pour toucher l'autre. Mais du doigt seulement...
P.S : mention spéciale à Portia Doubleday dans le rôle de la blonde intelligente qui redevient conne quand sa névrose l'emporte sur sa conscience.
Pps : autre mention pour le Black Haïtien ( pardon le renoi) super cool qui traverse la série en fumant des joints et en dessoudant tout ce qui bouge à coups de surin. Moins bon saison 4.