En Caroline du Sud, la famille Murdaugh est une famille respectée depuis le XVIIIe siècle, des générations de membres de cette famille s’étant retrouvées à occuper des postes judiciaires importants dans l’État. La famille est richissime, très influente (car tout le monde se connaît à ce niveau-là de responsabilités) et crainte aussi car il vaut mieux ne pas se la mettre à dos. Mais voilà, Alec Murdaugh, avocat, sa femme et ses deux fils vont se retrouver plongés dans une série de crimes entre 2019 et 2021 qui va faire voler en éclat cette famille qui se pensait intouchable. Cette série se divise en huit épisodes de 50 mn et nous raconte cette histoire, des frasques dramatiques du fils cadet Paul, qui lors d’une nuit de beuverie a conduit le bateau familial entraînant la mort d’une de ses amies, des soupçons aussi autour de Buster, le fils aîné, dans une affaire encore plus ancienne. Elle se termine par la condamnation du père, Alec, à deux peines de prison à perpétuité sans possibilité de remise de peine, pour les meurtres de sa femme et de Paul…On se dit que huit épisodes, c’est trop, comme si les scénaristes avaient voulu délayer jusqu’à la limite cette histoire vraie : la virée de la famille à la Barbade durant pratiquement tout un épisode n’était pas forcément nécessaire et n’apporte rien à l’intrigue…
Par contre, même avec des passages romancés ou inventés (ce qui est précisé dès le début), la reconstitution est précise et le casting est excellent, à commencer par Jason Clarke dans le rôle d’Alec et Patricia Arquette dans celui de sa femme. Même les rôles secondaires sont de grande qualité, les enfants, le patriarche Randolph Murdaugh interprété par Gerald McRaney… Tous et toutes ressemblent à s’y méprendre aux véritables personnes ! La plongée est saisissante dans une famille qui s’estime privilégiée, appartenant à une élite, ce qui lui donne des droits supplémentaires par rapport au « commun des mortels ». Des personnes qui sont sûres que, quels que soient leurs actes, même les pires, ils réussiront toujours à s’en sortir. Il suffit de « s’arranger ». La chute pour Alec n’en sera que plus violente, accro aux médicaments, escroquant ses clients du cabinet d’avocat, mais clamant aujourd’hui encore son innocence pour les meurtres dont il a été reconnu coupable. Une série qui tient la route mais dont le plus gros défaut est de venir après l’excellent documentaire de Netflix, « le sang des Murdaugh » qui nous racontait cette même histoire mais en s’appuyant sur de vraies images et enregistrements de la police ainsi que des témoignages des principaux protagonistes. Un documentaire complet, haletant jusqu’au bout, un modèle du genre « true crime ». Alors, bien sûr, la comparaison est inévitable et je préfère la description froide du documentaire. En 2025, les ennuis judiciaires d’Alec Murdaugh ne sont toujours pas terminés.