Mon ême se serait-elle subitement asséchée ? À lire les commentaires bien écrits et dithyrambiques, je m'attendais à trouver une série de l'acabit de Mr Sunshine ou Empress Ki, deux séries où le souffle épique nous porte hors du temps. Nenni, je me suis beaucoup ennuyée - certains passages en accéléré - et l'excellente critique de ChouetteGuy me rassure sur mon état mental.
Les acteurs sont parfaits, bien que je me demande pourquoi on a exigé du beau Min Nam-koong ( le héros Lee Jang-hyun) qu'il parle aussi lentement avec des pauses de deux secondes entre chaque phrase, et les cadres magnifiques - les paysages coréens sont époustouflants.
Mais cette histoire d'amour, qui se réclame du roman de Mitchell ( écrit trois siècles plus tard) ne tient pas la route et relève plus d'une aberration culturelle que d'un bon plagiat , si tant est que le mot plagiat mérite un tel adjectif.
Les Jin, devenus les Qing en 1644, ont envahi la Corée et ensuite la Chine avec le succès que l'on sait: le mérite de cette série est d'instruire l'occidental ignorant l'histoire asiatique ( c'est la faute des programmes scolaires d'histoire ) du trajet douloureux de la Corée envahie par les Mandchous (et par les Japonais). Peut-être est-ce au cours de ces invasions que la Corée s'est forgée une résilience magnifique, thème récurrent dans Mr Sunshine.
Le contexte historique de bouleversement était pourtant riche de possibilités : courage, trahisons, jalousie, loyauté, mais il s'est effacé devant cette histoire d'amour invraisemblable.
Trois personnages secondaires méritent une mention : le truculent Choi Moo-seong (Yang Cheon) le bourru Choi Young-woo
(Yonggoldae) et le délicat Kim Yoon-woo (Ryang-eum) à la voix magnifique. Il est dommage que leur destin n'ait pas été plus développé.
Et si je reconnais le mérite des acteurs qui ont dû apprendre le mandchou, je n'en reste pas moins affligée par l'idée de coller un récit américain dans l'esprit XVIIème de la Corée, Tristan et Iseult aurait mieux convenu.