Oh, un pur shonen nekketsu assumé qui fonctionne ? Au premier degré ? Non, c'est pas possible. Ou plutôt, ce n'est plus possible tant ça a été fait. Même Dragon Ball est revenu à son ton d'origine, largement second degré, donc comment imaginer que la recette puisse encore fonctionner ?
Bah en fait dans Boku no Hero Academia, ça fonctionne franchement bien.
Donc Shonen (il s'appelle pas comme ça mais c'est le prototype du héros shonen) vit dans un monde où 80% de la population est dotée de pouvoirs... hélas Shonen fait partie des 20% restants, ce qui brise son rêve de devenir un jour le plus grand des super-héros, comme son idole, All Might. Cependant il croise un jour la route de celui-ci, qui décèle en lui l'étoffe des plus grands, aussi All Might désigne Shonen comme son successeur et lui transmet son propre pouvoir... mais cela sera-t-il suffisant pour intégrer l'école des héros ?
Je l'ai déjà dit mais on est là dans le pur premier degré assumé, et honnêtement... on s'en fout ? Je veux dire le propos est intemporel : le passage à l'âge adulte, l'accomplissement de soi, croire en quelque chose de plus grand, etc, etc, les poncifs sont là, mais employés au sein d'un anime qui les rend tangibles et efficaces.
Ce qui est en grande partie rendu possible par une technique aux petits oignons et par un univers franchement attachant. Encore une fois, n'y cherchez pas la subtilité, le propos inédit, la nouveauté, tout est connu, mais employé à bon escient. Si les personnages secondaires sont des archétypes assez aisément identifiables, ils n'en restent pas moins crédibles dans leur développement. On a une classe d'élèves qui ressemble à n'importe quelle classe. Et que dire du rival ? Oui, c'est un bête rival comme on en a vu plein, sauf que c'est un vrai connard. On n'est pas dans le cliché du faux vilain à la Vegeta ou du ténébreux qui cache un secret à la Sasuke, non, c'est un concentré de suffisance et d'égocentrisme... comme on en trouve beaucoup à cet âge-là finalement. Ce qui le rend crédible et attachant à sa façon. À voir si ça se maintiendra cela dit.
Finalement ce qu'on peut reprocher à My Hero Academia, c'est un certain manque d'identité. Mais c'est également sa force, dans la mesure où l'on se plait à reconnaitre les motifs et voir la manière dont ils sont employés ou détournés.
Il est encore fort tôt pour dire si cet anime va rester dans les mémoires ou non... mais son départ, s'il est convenu, peut laisser espérer de bonnes choses.